Crise à l’EEC : Les Laïcs Bamouns exigent l’annulation des élections

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Dans une déclaration, les Laïcs Bamouns relèvent 10 faits qui illustrent les tripatouillages qui ont entaché les élections du président de l’EEC et de son bureau.

 

Dans une déclaration, les Laïcs Bamouns relèvent 10 faits qui illustrent les tripatouillages qui ont entaché les élections du président de l’EEC et de son bureau.

Rev. Jean Samuel Hendje Toya, nouveau Président de l’EEC

Déclaration des LAICS BAMOUNS ENGAGES de l’Eglise Evangélique du Cameroun

Nous, laïcs Bamouns engagés, siégeant en réunion de réflexion au regard de la crise que traverse notre Eglise, apportons les observations ci-après dans le souci de la bonne marche de notre Église. Lesdites observations contenues dans la présente déclaration :

-Considérant que l’Eglise Evangélique du Cameroun est fondée sur un régime presbytéro-synodal,

-Considérant que la forme d’organisation presbytéro-synodale de l’Eglise Evangélique du Cameroun admet la complémentarité entre : le Collège d’Anciens local (élu par les fidèles à la base), le Synode Régional (dont les délégués sont élus par les instances locales à parité entre les pasteurs et les laïcs au niveau Consistorial) et le Synode National (dont les délégués ont la charge de voter le bureau national),

-Considérant les textes de base de l’Eglise Evangélique du Cameroun, sa Constitution et son Règlement intérieur,

-Considérant la manière de moins en moins orthodoxe dont l’Eglise Evangélique du Cameroun est gérée aux plan spirituels, des ressources humaines, matérielles et financières tant au niveau Paroissial, Consistorial que National depuis un certain temps,

-Considérant que l’Eglise Evangélique du Cameroun est une association cultuelle protestante née de la Réforme,

-Considérant que la Réforme qui a conduit à la naissance du Protestantisme repose sur les 95 thèses publiées par Martin LUTHER le 31 octobre 1517,

-Considérant que l’année 2017 est celle de la célébration des 500 ans de la Réforme,

-Sur les traces des pères fondateurs de l’Eglise Evangélique du Cameroun,

-Affirmant notre attachement à l’unité de L’Eglise Evangélique du Cameroun menacées par les frustrations nées des différentes violations des thèses de la Réformes, des textes de base et de l’éthique chrétienne et protestantes

-Et « Par amour pour la vérité et dans le but de la préciser  » (cf. Martin LUTHER),

Publions les thèses suivantes :

-Nous protestons contre l’hégémonie du clergé et des dirigeants qui s’installe au sein de l’Eglise Evangélique du Cameroun depuis un certain temps : au niveau des paroisses et des instances régionales de notre Eglise, les fidèles acquis au respect révérencieux sont muselés et ne sont pas libres d’exprimer leurs opinions pour dénoncer les actes de contre-témoignage qui sont régulièrement posés par certains bergers avec la complicité de certains Anciens d’église acquis à leur cause. Parce que négation de la manifestation du Saint-Esprit, du Principe libérateur du Christianisme en général et du Protestantisme en particulier, ce bâillonnement n’est ni chrétien, ni protestant : il doit être dénoncé avec force pour qu’un terme y soit instamment mis.

-Nous protestons contre l’injustice et l’instrumentalisation observées dans la désignation des délégués aux instances Synodales (Régionales et Nationales) : les bergers ne procèdent pas toujours aux élections ou à tout le moins à la consultation des fidèles ou du Collège d’Anciens ; à contrario, ils désignent eux-mêmes les membres en prenant le soin de ne choisir que les Anciens d’églises qui entrent dans leurs jeux d’intérêt personnel, lequel n’est très souvent ni celui de la communauté concernée, ni celui de l’Eglise. Ces actes d’abomination ignoble doivent être éjectés hors de nos temples et notre communauté.

-Nous protestons contre les violations sans vergogne des textes statutaires de l’EEC, lesquelles transgressions se sont traduites par la pratique du faux, l’usage du faux et la corruption que tous les observateurs avertis ont vécus lors des assises du 59e Synode National électoral tenu à Ngaoundéré du 18 au 23 avril 2017. Voici une liste (non exhaustive) de 10 faits qui illustrent les sacrilèges qui fondent notre protestation et dont le dénouement va justifier notre prise de position:

1er fait

-Voici ce qui est prévu dans les textes : Conformément à l’article 99 de la Constitution de l’EEC, « chaque élection est gérée par une Commission Electorale Indépendante » (alinéa 1) et « à chaque échelon, la Commission Electorale Indépendante est mise en place par le corps électoral sur proposition » (alinéa 2). Pour les élections au sein du Synode Général, la tâche de désignation de la Commission Electorale Indépendante incombe au Conseil Synodal Général.

-Voici comment l’article a été violé : Le Président Général sortant s’est chargé de désigner les membres de la Commission Electorale Indépendante sans consulter le Conseil Synodal Général.

2e fait

-Voici ce qui est prévu dans les textes : Conformément aux articles 5 (alinéas 1 et 2) et 97 (alinéa 1 au point 4) de la Constitution de l’EEC, les membres non statutaires n’ont pas le droit au vote. De plus, la liste d’émargement des électeurs doit être annexée au procès-verbal des élections.

-Voici comment les alinéas de ces deux articles ont été violés : (1) Des membres non statutaires ont voté : il s’agit des Directeurs Nationaux des œuvres, des Membres d’honneurs (anciens membres du bureau national), et un Membre de la Commission Electorale Indépendante ; (2) La liste d’émargement des électeurs est absente du procès-verbal des élections de Ngaoundéré.

3e fait

-Voici ce qui est prévu dans les textes : Conformément à l’article 57 de la Constitution de l’EEC, pour être candidat, il faut avoir été membre du Synode Général pendant au moins un mandat.

-Voici comment l’article a été violé : Madame NGALLE MBONJO qui a été élue 2e Vice-présidente Coordinatrice Nationale des Œuvres, n’a jamais été membre du Synode Général.

4e fait

-Voici ce qui est prévu dans les textes : Conformément à l’article 57, alinéa 2 de la Constitution de l’EEC, la Région Synodale du Nkam devait être représentée au Synode Général par quatre (4) délégués comme cela avait été le cas au Synode Général précédent.

-Voici comment cet article a été violé : le nombre des délégués du Nkam est passé de quatre (4) à huit (8).

5e fait

-Voici ce qui est prévu dans les textes : Conformément à l’article 230 du Règlement Intérieur de la Commission Electorale Indépendante, les membres du Bureau de vote sont désignés hors du sein de la Commission Electorale Indépendante.

-Voici comment l’article a été violé : La Commission Electorale Indépendante s’est transformée en Bureau de vote.

6e fait

-Voici ce qui était prévu : Une résolution du bureau élargi du 30 mars 2017 avait décidé que:

-Les candidatures seraient déposées au secrétariat du Président Général sous pli fermé, contre décharge ;

-Tous les dossiers de candidatures seraient transmis en l’état à la Commission Electorale Indépendante à Ngaoundéré ;

-La Commission Electorale devait procéder au dépouillement, à la vérification de la régularité des candidatures et à la publication des listes des candidatures.

-Voici comment la résolution du bureau élargi a été violée : Le Président Général sortant, a procédé à la divulgation des candidatures sans attendre la désignation et la saisine de la Commission Electorale Indépendante.

7e fait

-Voici ce qui était prévu : Une autre résolution du même bureau élargi tenu le 30 mars 2017 avait fixé le délai de dépôt des candidatures au jeudi 13 avril 2017.

-Voici comment la 2e résolution du bureau élargi a été violée : Le samedi 22 avril 2017 à 10h, deux nouvelles candidatures ont été acceptées : celles de Madame MOUSSADI Louise et du Pasteur EYAMOUESSE Eugene.

8e fait

-Voici ce qui est prévu : A l’Eglise Evangélique du Cameroun, pour être délégué à une instance synodale (Synode Régionale ou Synode Général), chaque membre doit être investi par sa paroisse.

-Voici comment le faux a été perpétré : Jusqu’aux dernières élections, Madame NGALLE MBONJO (qui a été élue au poste de 2e vice-présidente) était ancienne d’Eglise à Bonaberi-Douala qui est une Paroisse située dans la Région Synodale du Wouri-Nord et Fako. Pour faire acte de candidature, le trafic qui s’est passé est le suivant :

-Madame NGALLE MBONJO a été investie au Bureau Régional pour le compte de la Région Synodale du Nkam au lieu de la Région Synodale du Wouri-Nord et Fako;

-La carte de membre présentée par Madame NGALLE MBONJO est signée du Pasteur BELEG Jean Robert de la Paroisse de Bonabeke-Yabassi. Or à la date de délivrance de cette carte, le Pasteur BELEG Jean Robert n’officiait plus ni dans cette paroisse, ni dans la Région Synodale du Nkam.

9e fait

-Voici ce qui est prévu : Pour toute élection au sein de l’Eglise Evangélique du Cameroun, le nombre de votants comparé au nombre d’inscrits, doit prendre en compte les absents et les décédés. De plus, les chiffres issus des élections doivent être transparents et refléter la réalité.

-Voici comment le faux s’est manifesté : le procès-verbal des élections montre que :

 (1) concernant l’élection au poste de Président Général, il y a eu 384 votants (dont 377 suffrages exprimés et 07 abstentions) alors qu’il n’y avait que 381 délégués officiellement inscrits pour voter ; en dehors de l’élection au poste de Président Général, le nombre de votants et de bulletins nuls est le même.

10e fait

-Voici ce qui est prévu : En matière d’élection à l’Eglise Evangélique du Cameroun, il ne peut y avoir immixtion d’un candidat dans le fonctionnement de la Commission Electorale Indépendante.

-Voici comment cette règle a été bafouée : au moment des élections, c’est l’un des candidats à la présidence qui a fait l’appel des électeurs en lieu et place du Bureau de vote.

-Conscients de ce que toutes ces violations flagrantes des textes en vigueur dans l’Eglise Evangélique du Cameroun ainsi que de l’éthique protestante ont pu avoir été perpétrées sans le consentement des candidats,

Nous, Laïcs Bamoums engagés de l’Eglise Evangélique du Cameroun, demandons avec insistance:

-Que le résultat des élections du bureau national au Synode de Ngaoundéré du 22 avril 2017 soit purement et simplement invalidé;

-Que soient annulées toutes les élections ayant été en rapport avec le Synode Général de Ngaoundéré notamment les « élections » des délégués aux Synodes Régionaux et au Synode Général, ainsi que les élections des Membres du Conseil Synodal Général ;

-Que soit respectée la parité entre les Laïcs et les Pasteurs au niveau de toutes les instances concernées, conformément au régime presbytéro-synodal de l’Eglise Evangélique du Cameroun.

-Que l’Eglise Evangélique du Cameroun réaffirme son appartenance au Protestantisme mondial en posant un acte de repentir qui renforcera à coup sûr l’amour entre tous ses fils sans distinction d’appartenance ethnique ou d’aire culturelle.

Nous nous engageons à donner notre position au cas où notre demande d’invalidation des élections n’est pas agréée.

Amen!

POUR LES LAÏCS  BAMOUNS ENGAGES, ONT SIGNE :

NGAMBOU ESAIE

NJIKAM JONAS

NSANGOU PHILIPPE RENÉ

FOMCHIGBOU JEAN JULES

POCHANGOU PAUL

NCHOUTMBOUBE ANDRÉ

CLAUDE ERNEST NJOYA

NGOUMBE ZACHARI

YIA GNIGNIKOUA EULOGE

 

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