Crise à la Cud : Le ministre du Travail désavoue Ntonè Ntonè

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Le dossier des 10 délégués du personnel de la Communauté Urbaine de Douala, Cud,  suspendus de poste et de fonction avec incidence salariale, est désormais une patate chaude entre les mains du Délégué Régional du Travail et de la Sécurité sociale pour le Littoral.

Le dossier des 10 délégués du personnel de la Communauté Urbaine de Douala, Cud, suspendus de poste et de fonction avec incidence salariale, est désormais une

Roland Tsapi.

Madame Angeline Sankep puisqu’il s’agit d’elle, a en effet reçu une lettre signée depuis le 5 mai 2017 du Secrétaire général du Ministère du Travail et de la sécurité sociale, Razack Johny, qui en la matière avait reçu délégation  du ministre Grégoire Owona. La correspondance qui a pour objet « demande de Licenciement de dix délégués du personnel à la Cud », dit : « J’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir marquer votre refus à la demande d’autorisation de licenciement de dix délégués du personnel à la Communauté urbaine de Douala, pour fait non établis et entrave à fonction des délégués du personnel ».

La demande d’autorisation ayant été faite le 20 avril 2017, le ministre a donc mis 15 jours pour réagir. Pendant ce temps la délégation en était encore aux enquêtes. Le 28 avril en effet, les délégués du personnel de la Cud ont reçu des convocations pour se présenter le 8 mai. Le Syndicat Départemental des Travailleurs des Communes du Wouri qui porte les revendications a aussi été entendu le 12 mai, et la Cud devait suivre. Mais le ministre ayant déjà tranché, à quoi serviront encore ces auditions, se demandent les victimes avec une note d’espoir. C’est le lieu de noter pour le féliciter, la diligence avec laquelle le ministre s’est penché sur le dossier, même comme d’aucuns se demandent ce que vient faire le ministre dans une affaire qui est traitée à la Délégation, et voient en la diligence du ministre Owona les bras longs des délégués du personnel.

Cas Kalkaba Malboum

Mais il y a deux grilles de lecture à prendre en compte dans la compréhension de ce qui se passe. D’abord, la demande d’autorisation de licenciement des délégués du personnel était adressée à la Délégation certes, mais le ministre était ampliataire. D’après les usages en administration, l’ampliataire d’une correspondance peut réagir, puisqu’il est concerné, sinon c’est une copie qui lui aurait été faite, cette fois pour information juste. Sur ce plan donc le ministre est dans ses droits. Ensuite, le ministre devrait représenter le Gouvernement à la 106eme édition de la conférence internationale du Travail qui se tient du 5 au 16 juin prochain à Genève en Suisse. Des élections auront lieu au cours de cette session pour désigner les gouvernements représentés au Conseil d’administration ainsi que les membres employeurs et travailleurs du Conseil d’administration.

Le ministre Owona qui ne manque pas d’ambition peut bien vouloir briguer un poste, et il ne faudra pas qu’il soit accueilli là-bas par une sombre affaire de licenciement abusif des délégués du personnel, dans un pays qui a ratifié toutes les conventions internationales en matière du droit au travail et de protection des travailleurs. Il y a d’ailleurs un exemple très récent, où Hamad Kalkaba Malboum, candidat à la présidence de l’Association des comités nationaux olympiques d’Afrique (Acnoa) été disqualifié par le comité exécutif de l’Acnoa, rattrapé par une affaire d’utilisation des ressources de l’Etat pour faire sa campagne. Quel que soit le réel motif de cette diligence, la réaction du ministre devrait mettre un terme aux auditions menées par la délégation, qu’on voit mal en train d’aller à l’encontre des instructions de sa hiérarchie.

Voilà la Communauté urbaine qui est alors désavouée dans une décision qui avait été prise à la hâte et dans la même cacophonie que celle observée dans les affectations du ministre de la Santé, s’en prenant aux membres du bureau du syndicat des médecins. Dans les deux cas, on note que les victimes portaient des revendications légitimes et reconnues, en s’appuyant d’ailleurs sur la liberté syndicale garantie par les textes en vigueur dans notre pays.

Dans un passé récent on réprimait violemment les grèves sous prétextes qu’elles étaient illégales, mais même aujourd’hui où les syndicats encadrent les travailleurs pour mener des revendications dans la stricte légalité, les gouvernants choisissent désormais la répression administrative. Heureusement que ces forfaits ne vont plus passer aisément, comme vient de l’apprendre le Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Douala, au sujets de ses délégués du personnels dont il voulait se débarrasser sans le moindre  dommage et intérêt.

Roland TSAPI, Journaliste

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