Crise à l’EEC : Le président Hendje prend fonction

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Malgré des contestations, l’Eglise a installé le Rev. Hendje Toya, lors d’une cérémonie boycottée par des pasteurs d’origine Sawa et le Ngondo.

Malgré des contestations, l’Eglise a installé le Rev. Hendje Toya, lors d’une cérémonie boycottée par des pasteurs d’origine Sawa et le Ngondo.

Rev. Jean Samuel Hendje Toya

Jean Samuel Hendje Toya est le nouveau président général de l’Eglise évangélique du Cameroun, EEC. L’Eglise a confirmé son choix lors du Conseil synodal extraordinaire de ce mercredi 10 mai 2017 au Centenaire à Douala. Pendant les assises qui ont mis plus de 7h d’horloge, l’ancien président Isaac Batomen a passé la main au révérend Pr. Jean Samuel Hendje Toya. Une cérémonie que les autorités traditionnelles du peuple Sawa, réunies autour du Ngondo ont boycotté. Avec eux, des pasteurs Sawa.

La grande majorité des personnes qui se sont succédée au pupitre ont soutenu le nouveau président, de quoi se demander ce qui va advenir des rapports entre le Ngondo, les pasteurs Sawa et l’EEC. Si dans la déclaration faite à l’issue des travaux, L’EEC reconnaît avoir «constamment bénéficié du soutien  des pouvoir publics, des autorités traditionnelles», elle martèle aussi : «Depuis le retour de Ngaoundéré, des remous que nous aurions considérés comme une frustration tout à fait légitime se transforment en un projet qui vise à mettre à mal notre vivre ensemble.» Le prêche allait dans le même sens. S’appuyant sur le texte de 1 Samuel 18V1-16, le Rev Justin Tchatchouang a établi une comparaison entre David «qui est humble et soumis à son Roi, Jonathan qui reconnait la main de Dieu sur David. Saül est le Roi déchu qui a des intentions de déstabilisation de David.» Transposition : le pasteur Richard Priso Moungole (vaincu aux élections de Ngaoundéré) représente Saül et David, le Pr Hendje Toya. Dans sa déclaration, l’Eglise évangélique du Cameroun rappelle que «les problèmes de l’Eglise se règlent en interne. L’EEC condamne toutes tentatives de divisions, clanismes, chantages et de prise en otage des communautés paroissiales

Malgré des contestations, l’Eglise a installé le Rev. Hendje Toya, lors d’une cérémonie boycottée par des pasteurs d’origine Sawa et le Ngondo.

Photo de famille.

Rotation des mandats

Dans un communiqué daté du 28 avril 2017, le Ngondo et les pasteurs d’origine Sawa annonçaient «le schisme du peuple Sawa de l’Eglise évangélique du Cameroun.» Raison évoquée : L’Eglise a tourné «le dos aux valeurs qui fondent l’église et qui ont pour noms équité, probité, morale, respect des composants sociologiques, respect de la parole donnée et du consensus…» Il était en fait question, selon les auteurs du communiqué que le nouveau président général soit Richard Priso Moungole, celui que la communauté Sawa avait investi. Parole leur avait été donnée par l’ancien président, affirme le Ngondo. Ce que dément Isaac Batomen. «Le Synode général de Yabassi avait été interpellé par le rapport du président quant au principe de rotation des mandats à la tête de l’Eglise (le président sortant est de la région de l’Ouest. Avant lui il y a eu un Bamoun, un Bamiléké…Ndlr). La résolution suivante avait été prise : le Synode général adopte le système de rotation au sein du Bureau de l’Eglise… Au Synode général de Mbouda en 2016, le président général Batomen a rappelé le sens de l’engagement pris à Yabassi qui n’était lié ni à une personne ni à une des composantes Sawa de manière précise. L’engagement de Yabassi a donc été tenu à Ngaoundéré, puisque deux fils Sawa sont entrés en compétition», souligne la déclaration. Les partisans de la scission soutiennent entre autres que le Rev. Hendje Toya n’est pas Sawa, mais de l’Ouest. «Je suis de Yabassi, argue l’actuel président. Mes ancêtres, mes grands-parents sont de Yabassi mais j’appartiens au Littoral.»

Un son discordant a surgi de la salle pour préciser que : «L’Eglise avait refusé de lire la déclaration –voir ci-dessous – du peuple Sawa portée par le Ngondo au Synode de Ngaoundéré», s’est interrogée Mme Kingue, Epouse Kotto (un ancien Président de l’EEC). Pour elle, «quand on ne peut pas dire la vérité on se tait parce que la lettre du peule Sawa avait été claire. Elle désignait Priso.» Est-ce que la passation de témoin entre les présidents va calmer les tensions ? Les pasteurs Sawa et le Ngondo vont-ils plier l’échine ? L’EEC indique que le dialogue reste ouvert.

Malgré des contestations, l’Eglise a installé le Rev. Hendje Toya, lors d’une cérémonie boycottée par des pasteurs d’origine Sawa et le Ngondo.

Valgadine TONGA

 

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