Affaire Ahmed Abba : Le Redhac plaide contre sa peine de mort

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Le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale demande par ailleurs sa relaxe. Le journaliste camerounais Ahmed Abba a été arrêté en 2015.

Le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale demande par ailleurs sa relaxe. Le journaliste camerounais Ahmed Abba a été arrêté en 2015.

Ahmed Abba.

Ahmed Abba sera fixé sur son sort le 20 avril 2017. C’est ce jour que sera prononcé au Tribunal militaire de Yaoundé, le verdict de ce Camerounais. Journaliste de langue Haoussa, Ahmed Abba était le correspondant de Radio France Internationale à l’Extrême-Nord du Cameroun. Il a été arrêté depuis juillet 2015 à Maroua pour «non dénonciation d’acte de terrorisme ; terrorisme ; apologie du terrorisme ; blanchiment». Après son arrestation, il avait directement été transféré à la Direction générale de la Recherche extérieure «où il passe plus d’un mois gardé au secret sous torture. J’ai vu Ahmed Abba. Il ne sait même plus où il se trouve ni ce qu’on lui reproche exactement. Il ne comprend ni le français ni l’anglais. Il ne parle que la langue Haoussa. Il est devenu tout maigre, l’air perdu. Il était reconnu comme artisan de la paix et fervent défenseur des droits humains», souligne Maximilienne Ngo Mbe, Directrice exécutive du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale, Redhac.

Dans une déclaration à la presse le mardi 18 avril 2017 à Douala, le Redhac craint que la peine capitale soit requise pour le journaliste. A la dernière audience du jeudi 6 avril 2017, le ministère public représenté par les commissaires Nzie Pierrot Narcisse et Feunjou avaient demandé à la collégialité des juges (constituée de colonels et de capitaines) de condamner Ahmed Abba à la peine de mort. Pourtant, le ministère public «peine depuis l’ouverture du procès de ce journaliste à réunir les preuves de sa culpabilité.»  Le Redhac «urge la collégialité du tribunal de déclarer le journaliste Ahmed Abba non coupable ; condamne fermement le réquisitoire du Commissaire du gouvernement qui n’est pas objectif ; dénonce le harcèlement et l’acharnement répété contre les journalistes, surtout ceux qui couvrent l’actualité liée aux crises sociales et à la guerre contre Boko Haram.» En exigeant la «libération immédiate» du journaliste, le Redhac demande aussi «l’arrêt immédiat des poursuites judiciaires» contre les journalistes Rodrigue Ndeutchoua Tongue, Baba Wame et Félix Cyriaque  Ebolé Bola.  Il faut qu’il y ait mobilisation «pour que ce jeune qui n’a même pas encore 30 ans soit sauvé. Nous pouvons être confrontés un jour à cette même situation», supplie Maxilienne Ngo Mbe. Ahmed Abba est gardé à la prison principale de Kondengui à Yaoundé.

Valgadine TONGA

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