Torture sur Ibrahim Bello: Les révélations de l’enquête des Droits de l’homme

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Qu’est-ce qui est arrivé à Ibrahim Bello ? Rapporteur de la Sous-commission des droits civil et politique de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés (Cndhl), le journaliste Christophe Bobiokono a conduit, le jeudi 30 mars 2017, une mission de la Cndhl à Ombessa, une localité du département du Mbam-et-Inoubou, dans la Région du Centre où Ibrahim Bello, soupçonné de vol, a subi des sévices atroces. En soin intensif à l’Hôpital Central de Yaoundé depuis le vendredi 24 mars courant, le jeune homme a été amputé des deux jambes et du bras gauche.

Qu’est-ce qui est arrivé à Ibrahim Bello ? Rapporteur de la Sous-commission des droits civil et politique de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés

Ibrahim Bello

Voici ci-dessous les premières conclusions du rapport des membres de la Sous-commission des droits civils et politique de la Cndhl qui se sont rendus sur les lieux du crime.

« J’ai conduit une équipe de la Commission nationale des Droits de l’Homme et des Libertés à Ombessa et à Bafia jeudi dernier dans le cadre d’une investigation ouverte à propos du problème « Ibrahim Bello ». Nous avons rencontré à cette occasion le propriétaire du véhicule (Carina E de couleur bleue) dans lequel les malheurs du jeune Bello ont commencé. C’est un MANDATAIRE de justice que certains présentent de façon abusive comme un avocat. En menant notre enquête, il ne nous a pas été difficile de rencontrer le concerné à Bafia où il vit et est bien connu.

Qu’est-ce qui est arrivé à Ibrahim Bello ? Rapporteur de la Sous-commission des droits civil et politique de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés

Christophe Bobiokono.

En attendant que le projet de rapport soit validé par l’équipe de mission et que les Membres de la Commission se prononcent sur les recommandations et enseignements qu’appelle le cas « Ibrahim Bello », les quelques précisions que je voudrais apporter maintenant au regard des commentaires qu’on entend à gauche et à droite sont les suivantes :

– M. Bello est entré dans le poste de police en marchant sur ses deux pieds le dimanche 5 février 2017 conduit par la foule qui venait de le frapper sous le contrôle du propriétaire de la voiture, qui a déposé séance tenante une plainte.

– Il est parti du poste de police (probablement transporté) le 7 février 2017) « dans un état de santé précaire » (graves plaies et brûlures de second degré sur l’un des bras et sur les deux jambes). J’écris bien « état de santé précaire » en citant les mentions lues dans le registre de la main courante du poste de police.

– M. Bello a passé le reste de la journée du 7 février et la nuit suivante à gémir quasiment au bord de la route, en face du poste de police mais sur le côté opposé de la route (précision importante), sans aucun moyen de se faire soigner parce que sans possibilité de se mouvoir. Tous les témoignages sont formels sur ce détail.

– C’est un commerçant (une espèce spéciale ayant conservé l’amour de son prochain dans un environnement particulièrement cruel), qui l’a fait transporter au Centre Médical d’Arrondissement (CMA) d’Ombessa, à l’aide d’une brouette, et a payé pour ses premiers soins.

L’équipe de la CNDHL a rencontré ce bienfaiteur et d’autres témoins. Tout autre commentaire comme ce prétendu témoignage lu dans une page fort courue, relève de l’imagination de son auteur. De la manipulation.

Le reste, pour sauver la vie de Bello, est l’œuvre du médecin chef de ce centre médical public outrageusement sous équipé.

En dépit de la cruauté humaine qui apparaît dans cette affaire Bello, notre enquête montre qu’il y a encore des Camerounais qui peuvent se dévouer pour la cause d’un être humain. Je tiens particulièrement à saluer le bienfaiteur et le médecin chef du CMA d’Ombessa sans lesquels M. Bello aurait sans aucun doute succombé à ses supplices.

Christophe Bobiokono

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