Code électoral : Société civile, médias… veulent son amendement

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Pour ces acteurs du processus électoral, le Code électoral camerounais actuel ne garantie aucunement des élections crédibles.

«Nous avons tous la responsabilité de contribuer à l’assainissement du climat socio politique de notre pays. La démocratie est encore possible dans ce pays.» C’est sur cette conviction que Philippe Nanga, le coordonnateur de l’Ong Un Monde Avenir (1MA) a ouvert (vendredi 17 mars 2017 à Douala) sa session de «formation des partis politiques, les organisations de la société civile et les médias sur les sujets ayant trait au projet de société, à la démocratie participative et aux processus électoral». Un thème qui sied bien, surtout que le calendrier électoral prévoie des élections en 2018. Acteurs du processus, les organisations de la société civile, les partis politiques, les médias exigent une modification du Code électoral avant ces élections.

Pour ces acteurs du processus électoral, le Code électoral camerounais actuel ne garantie aucunement des élections crédibles.

Les Osc refont le Code électoral.

Selon les textes de la loi électorale, seul le président de République peut convoquer le corps électoral. Il y a bien d’autres entorses au processus électoral. Seul Election’s Cameroon, organe chargé de l’organisation des élections au Cameroun, maîtrise le fichier électoral. Ce document est la base d’élections crédibles pourtant «personne, aucun parti politique ne connaît l’estimation du nombre d’électeurs avant les élections», s’indigne Jean-Baptiste Sipa, le coordonnateur de l’Ong Article 55. Pour lui, puisque les membres d’Elecam sont nommés par le Chef de l’Etat, il est difficile que l’organe soit indépendant dans ses travaux. «Au Canada, on a une direction des élections, chapeautée par un fonctionnaire élu par le parlement. Elecam doit évoluer vers  ce sens», souhaite Jean-Baptiste Sipa. Cadre technique de développement, Michel Nkenfouet dénonce dans son speech, l’interdiction faite aux médias de publier les tendances post électorales. La loi électorale indique également qu’à l’issue des élections, le seul procès verbal qui fait foi est celui du président de la Commission nationale d’Elecam. L’article 68 est tout aussi problématique. Il dispose que le président de la Commission nationale de recensement général des votes est désigné par le président du Conseil Constitutionnel. Ledit Conseil hélas est inexistant.

Satanisme

En sus de l’amendement du Code électoral, les partis politiques doivent savoir   l’importance implacable d’un projet de société. «Le projet de société est un outil de la lutte politique, une offre politique globale qui dévoile le rêve de son auteur pour la société. Sans lui, on fait une navigation à vue. Il doit coller à l’image du parti», explique le sociologue Pr Claude Abe. Dans son exposé, il critique l’habitude de certains partis qui copient sur le net et s’approprient les projets de société des formations politiques occidentales. Le politologue Guy Parfait Songue estime que le Cameroun devrait migrer vers une démocratie participative où toutes les mesures prises sont acceptées par la majorité. Ce n’est pas pour demain car : «Les Chefs d’Etat africains sont des schizophrènes qui expliquent leurs tares et retards sur le plan nationale par la pression internationale, et sur le plan international par la pression nationale. Parler de démocratie participative au Cameroun c’est fabriquer des citoyens qui deviendront des acteurs citoyens. L’Etat n’a pas un modèle de développement éducatif qui puisse former les citoyens de demain. L’Etat est fondé dans le satanisme où on tue les gens», assume Guy Parfait Songue. A l’écouter, la seule façon de changer les choses seraient que les acteurs du jeu politique soient aguerris sur le plan spirituel. Il prescrit en outre la refondation du système éducatif, la restructuration des formations politiques, la stimulation des journalistes à la compréhension des enjeux de la spécialisation et de la dé-dogmatisation.

Cette formation rentre dans le cadre du projet Incred (Initiative citoyenne pour le renforcement de la démocratie). Le chef de ce projet de 1MA, Samuel Mathieu Tang précise qu’après Douala, des formations vont se poursuivre dans les régions de l’Ouest, du Sud-ouest, du Centre, de l’Adamaoua et du Sud.

Valgadine TONGA    

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