Assassinat d’un éco-garde… Quatre suspects aux arrêts

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Ils sont soupçonnés d’avoir assassiné l’éco-garde Ngongo Bruce Danny à Lobéké, dans la région de l’Est, en novembre dernier.

Ils sont soupçonnés d’avoir assassiné éco-garde Ngongo Bruce Danny à Lobéké, dans la région de l’Est, en novembre dernier.

Les armes saisies chez les suspects.

Le 7 novembre 2016,  l’éco-garde Ngongo Bruce Danny est brutalement assassiné par des braconniers armés de Kalachnikov. Il intervenait lors d’une mission de lutte anti-braconnage à l’intérieur du Parc National de Lobeke, région de l’Est. Selon le Fonds mondial pour la nature, Wwf, «des braconniers fortement armés avaient ont ouvert le feu sur une équipe de patrouille mixte composée des éco-gardes du service de la conservation du Parc National de Lobeke et des militaires du 132ème bataillon d’infanterie motorisée. Lors de cette attaque surprise, les braconniers  se sont camouflés et ont ouvert le feu sur l’équipe de patrouille atteignant  ainsi Ngongo.» La même source nous apprend que le service du parc a récemment mis la main sur des suspects au cours d’une action menée du 17 au 19 février 2017.

«Avec la collaboration du Maire de la commune de Moloundou et de la Brigade de Gendarmerie de Moloundou, l’assassin a été retrouvé y compris l’arme du crime. Les trois autres avaient déjà été mis à la disposition de la Brigade de Gendarmerie par nos soins bien avant. Actuellement, le principal commanditaire, qui est une autorité traditionnelle, est en cavale. Il se trouverait au Congo, laissant son siège de la chefferie vide. Mais nous allons le traquer avec la collaboration de nos réseaux dans le cadre de la coopération transfrontalière avec le Congo», dit Achile Mengamenya, le Conservateur dudit parc. Le service du parc a aussi saisis 11 armes y compris 6 armes de guerre (AK 47) et plus de 150 munitions lors d’une opération coup de poing du 14 au 29 décembre 2016. «Ces suspects interpellé nous ont permis de procéder à la saisie de huit (8) pointes d’ivoires pesant en tout 17, 75kg, et une arme de grand chasse. Le déferrement de ces suspects va se faire ce jour (22 février) au Paquet des tribunaux de Yokadouma», poursuit Achile Mengamenya.

Deux éco-gardes tués

La seconde phase qui était la stabilisation de la paix et de la quiétude dans et autour de Lobéké a débuté par l’appelle à rétrocession volontaire des armes. «Cette phase nous a permis depuis le 2 janvier de récupérer à ce jour quatre armes de guerre de type AK 47 (kalachnikov) rétrocédées volontairement par les membres de la communauté» explique l’interlocuteur.  Selon les inventaires fauniques réalisés par le Wwf et le ministère des Forêts et de la faune en 2016, la Lobéké a perdu 50% de sa population d’éléphants en 10 ans. L’intensification du braconnage et le trafic d’armes autour du parc constituent une menace pour les espèces phares du parc.

Depuis 2010, deux éco-gardes ont perdu leurs vies tandis que beaucoup d’autres ont été gravement blessé dans les confrontations avec les braconniers. Mais pas question pour les éco-gardes d’abdiquer. «Les éco-gardes de Lobéké sont plus déterminés à honorer le sang de leur camarade. Avec le soutien de tous nos partenaires (le Wwf, la Fondation TNS, la coopération Allemande et la coopération Américaine) et l’appui des autres forces de défense, de sécurité et l’administration territoriale et judiciaire nous allons rendre le braconnage plus dangereux dans l’espace de Lobéké» explique Achille.

Valgadine TONGA

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