Crise anglophone : Les villes mortes de moins en moins suivies

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Les journées « villes mortes » initiées par les syndicats anglophones, ne sont plus librement suivies par les populations des régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, apprend KOACI de nombreux témoignages fournis par différentes sources communautaires concordantes.

Crise anglophone : Les villes mortes de moins en moins suivies

De nombreux établissements scolaires, des bureaux et des commerces ont ouvert leurs portes ce lundi 27 février 2017, journée déclaré « ville morte », par le consortium  désormais illégal des syndicats anglophones. « Des taxis ont circulé ce matin. Une station service et des marchés ont ouvert. La reprise des cours dans les deux régions du Sud Ouest et du Nord Ouest est timide mais effective. A l’ENS, l’ENSET, le Cenajes de Bambili et Kumba, les étudiants sont effectivement dans les campus. Toutefois, il y a quelques personnes qui ont peur d’ouvrir par représailles», confie, Elvis Twenga étudiant à Bamenda. D’autres témoignages ont indiqué que les populations craignent les mesures de rétorsion des extrémistes, qui forcent toute personne à respecter le mot d’ordre de « ville morte ».
En janvier, les leaders du Cameroon Anglophone Civil Society Consortium, (CACSC), -dont le mouvement a été déclaré illégal par le gouvernement-, ont été interpellés. Ils sont poursuivis devant le tribunal militaire de Yaoundé, pour actes de terrorisme, hostilité contre la patrie, sécession, révolution, insurrection, outrage au Président de la République, outrage aux corps constitués et aux fonctionnaires, rébellion en groupe, guerre civile, propagation de fausses nouvelles, apologie de crimes. Les populations de la partie anglophone, disent ne plus se reconnaitre dans un mouvement dont les leaders se livrent désormais une lutte sans merci, pour le contrôle des fonds alloués par les soutiens tapis dans la diaspora.

En fin de semaine dernière, le pouvoir a rassuré la communauté éducative. « Il n y aura pas d’année blanche au Cameroun. Les examens auront lieu dans les sous systèmes anglophones et francophones. Les inscriptions aux examens et différents concours se poursuivent », a déclaré Ngalle Bibehe le ministre des Enseignements secondaires, repris par sa collègue Youssouf Adidja Alim de l’éducation de Base.

Internet coupé

Des vidéos ont présenté des individus se réclamant membres ou sympathisants du Consortium, qui exerçaient des menaces contre ceux qui refusaient d’obéir aux « villes mortes ». D’autres vidéos ont également montré des scènes de violence, cette fois, exercées par les forces de l’ordre contre des manifestants.

Ces vidéos ont fait l’effet d’une bombe. Le pouvoir a accusé les manifestants d’avoir incendié les édifices publics. Conséquence, pour limiter la diffusion des images et la propagation des fausses nouvelles, sur la crise dans la partie anglophone, le pouvoir a limité internet dans les régions du sud Ouest et du Nord ouest. Ce qui a aussi eu pour effet de limiter considérablement, la diffusion des messages appelant aux « villes mortes », dans une partie du pays, où la vie reprend timidement.

Source : Koaci par Armand Ougock

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