Crise anglophone : Les grévistes se braquent, le gouvernement se radicalise

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Le ministre René Emmanuel Sadi a dissout via un arrêté les groupements à l’origine des revendications dans la partie anglophone du pays.

Le ministre Emmanuel René Sadi a dissout via un arrêté les groupements à l’origine des revendications dans la partie anglophone du pays. Lavoixdukoat.com

René Emmanuel Sadi.

Lundi 16 janvier 2017, un élève en tenue est molesté par de jeunes gens à Bamenda. Il est extrait des mains de ses bourreaux grâce à une femme. Son crime est d’avoir voulu se rendre à l’école. A Limbe, ce sont des enseignants anglophones qui font irruption dans un établissement francophone et chassent tous les élèves. Des tout-petits de la maternelle aux plus grands du secondaire, chacun prend la fuite. C’est que, les syndicats des enseignants et le Consortium de la société civile anglophone avaient appelé à une ville morte les lundi et mardi 16 et 17 janvier 2017. Est-ce à cause de ses violences que le gouvernement s’est radicalisé ? En tout cas, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd), René Emmanuel Sadi a pris un arrêté ce mardi 17 janvier 2017.

«Sont nuls et de nul effet, pour objet et activités contraires à la Constitution et de nature à porter atteinte à la sécurité de l’Etat, à l’intégrité du territoire, à l’unité nationale et à l’intégration nationale, les groupements dénommés ‘‘Southern Cameroons national council’’ (Scnc) et ‘‘Cameroon anglophone civil society consortium’’ (Cacsc)», dispose l’article 1 de l’arrêté. Ces deux grands groupements sont par ricochet dissouts puisque l’article 2 indique : «Sont et demeurent interdites sur toute l’étendue du territoire national, toutes activités, réunions et manifestations initiées ou soutenues par le Southern Cameroons national council, le Cameroon anglophone civil society consortium, tout groupement apparenté ou poursuivant un but similaire ou par toute autre personne s’en réclamant.» En cas de violation de ces dispositions, le ministre promet des «poursuites judiciaires, conformément à la législation en vigueur.» Emmanuel René Sadi appelle les gouverneurs, les préfets et les sous-préfets  à se charger de la mise en «application du présent arrêté qui sera enregistré et publié suivant la procédure d’urgence.» Comment va réagir le consortium et les sécessionnistes du Scnc ? La journée de demain donnera certainement quelques réponses.

Valgadine TONGA

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