Initiative : Elan de solidarité pour des enfants handicapés

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Dans le cadre de la nativité, des dames de cœur ont offert des cadeaux aux enfants déficients auditifs et visuels du centre Idav au quartier Bonamoussadi à Douala.

Dans le cadre de la nativité, des dames de cœur ont offert des cadeaux aux enfants déficients auditifs et visuels du centre Idav au quartier Bonamoussadi à Douala.

Les enfants en fête.

Assis sur sa chaise roulante ce 21 décembre 2016, juste à l’entrée de sa salle de classe, Tamekem Theorell a le regard tourné vers ses camarades. Ces derniers jouent sur la petite cours de récréation de l’Institution pour déficients auditifs et visuels (Idav), sise à Bonamoussadi, dans le cinquième arrondissement de Douala. Il suit attentivement leurs moindres faits et gestes. L’ambiance est bon enfant. Les tout-petits courent dans tous les sens. Ne pouvant pas se lever de sa chaise pour s’amuser comme ses camarades, Theorell, âgé de 6 ans, élève à la grande section, n’a que ses yeux malades pour regarder et son sourire qui ne lui quitte presque jamais pour exprimer sa joie. Ses camarades et lui sont couverts de cadeaux. Les dames de cœur de la société Emploi service, conduite par la Dg Colette Jeannine Minka se sont mises dans la peau du Père Noël. Pour offrir des cadeaux à ces enfants, parfois victimes de marginalisation dans la société, afin de leur permettre de passer un joyeux Noël. Les paquets remis étaient composés de plusieurs jouets (voitures, poupées, ballons, etc.). Des ordinateurs ont également été offerts à Idav dans une ambiance festive, accompagnée du langage des signes.  Chez les enfants, la joie était immense. Ils ont, le temps de la cérémonie oublier leur infirmité.

Triple handicap

Theorell souffre d’un triple handicap. Il est né sourd, malvoyant et physiquement déformé. C’est la raison pour laquelle sa mère, Nguegang Ruce, est constamment près de lui pour l’aider dans ses mouvements. Sans sa chaise roulante, Tamekem Theorell se déplace uniquement à l’aide de ses genoux. Si son état ne semble pas l’ennuyer, ses parents, eux, sont toujours à la recherche des voies et moyens pour remédier à cette situation. C’est dans cette optique qu’il a été opéré trois fois à l’hôpital général de Douala, sans succès. Pour ses yeux, son opticien lui a prescrit une paire de lunette d’une valeur de 90 000 FCFA. Ce que ses parents n’ont pas tardé a acheté, car ce qui compte pour eux, c’est son épanouissement. Malheureusement, il y a quelques jours, un inconnu « est entré ici à l’établissement et a volé ses lunettes. On ne sait qui», s’indigne Madame Nguegang. Malgré son triple handicap, sa mère explique qu’il se débrouille tout seul à la maison comme tous les enfants de sa tranche d’âge. « Il se lave, lave ses habits et s’habille tout seul sans l’aide de personne. C’est un enfant qui va réussir dans sa vie s’il y a un suivi. Il lui faut juste un encadrement », ajoute-telle, optimiste.

Comme Tamekem Theorell, chacun des apprenants de cet institut souffre d’un handicap. On y retrouve des déficients auditifs et visuels. A en croire Marie-Louise Epoh, la directrice d’Idav, les 815 enfants handicapés qu’elle a encadré depuis la création du centre en 1998, n’ont jamais reçu un soutien du gouvernement. « Il n’y a aucune politique mise en place pour les déficients auditifs et visuels dans ce pays », déplore-t-elle. Cependant, l’institution qu’elle dirige ne baisse pas les bras. Grâce aux soutiens des particuliers, elle s’agrandit et continue d’encadrer les enfants jusqu’à l’âge de 20 ans. Elle a 52 apprenants cette année. Elle ambitionne d’ouvrir un internat. Ce sont les moyens qui manquent le plus.

Didier NDENGUE

 

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