Douala : Les Bayam-sellam cherchent leur autonomisation

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Un Centre d’accueil construire à cet effet a ouvert ses portes le lundi 5 décembre 2016. Le centre se donne en outre pour objectif d’éduquer les femmes bayam-sellam sur la gestion de leur clientèle.

Un Centre d’accueil vient d'ouvrir ses portes. Le centre se donne en outre pour objectif d’éduquer les femmes bayam-sellam sur la gestion de leur clientèle

Des femmes bayam-sellam

Invectives, engueulades, bagarres sont quelques scènes entre commerçantes (bayam-sellam) et clients dans les marchés. Il suffit des fois d’une incartade ou d’un désaccord au niveau du prix d’un produit pour que la vendeuse couvre le client d’injures. Ce sont ces écarts de conduite qui détruisent les rapports bayam-sellam et clients que le Centre d’accueil de la femme bayam-sellam veut rectifier au fil du temps. Créé par l’organisation Fins-Wins (Fins signifie Femmes-interface-Nord-Sud. Wins c’est la traduction en anglais Women-interface-North- South), ce tout premier Centre d’accueil est situé à la Cité des Palmiers à Douala. La cérémonie d’inauguration qui a eu lieu le lundi 5 décembre 2016 a fait courir les femmes bayam-sellam.




Pour rendre autonomes les femmes, le Centre est structuré en pôle. Il y en a qui sont chargés des questions des filles-mères, des femmes veuves, des orphelins, des personnes âgées… «Il s’agit pour nous de former les femmes bayam-sellam sur leurs droits fondamentaux à travers les séminaires et ateliers, ceci dans le but de les sortir de l’ombre, de la marginalisation», promet la directrice du Centre Hermine Ngo Ndjongi. Ce qui entre en droite ligne avec les objectifs de la présidente fondatrice de Fins-Wins et du Centre. Fille d’une bayam-sellam, Martine Cécile Wisman est revenue au Cameroun après trente ans en Europe avec une idée : redorer l’image du métier de sa mère. Elle voit la femme bayam-sellam comme «une actrice du développement. J’ai fait mon étude doctorale en Sciences politiques sur les femmes bayam-sellam. Ce sont des femmes marginalisées, qui ne sont pas cultivées, analphabètes. C’est après ce constat que j’ai crée en 2008 en Belgique l’association Fins-Wins. Qui existe depuis 2009 au Cameroun. Avec ce Centre qui sera géré par les bayam-sellam, les femmes seront formées, et devront former d’autres femmes plus nécessiteuses. Nous n’agissons pas qu’au Cameroun. Nous sommes aussi installés au Togo, au Tchad. Nous irons bientôt au Gabon, en République démocratique du Congo. Nous sommes une association panafricaine»

En sus du Centre, l’association Fins-Wins octroie aux femmes bayam-sellam des crédits sans intérêts au remboursement, «tout ceci parce que nous voulons les amener à l’autonomisation», précise Martine Cécile Wisman. Pour bénéficier d’un crédit, il faudrait déjà être membre de l’association, et surtout être de bonne foi. «A ce jour, 350 femmes sont déjà inscrites. 270 bénéficient de notre soutien et 268 femmes ont commencé à rembourser leurs crédits», poursuit la présidente-fondatrice. Pour soutenir l’initiative, le Dg de Tradex Perrial Jean Nyodog a accepté d’en être le parrain.

Valgadine TONGA

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