Terrorisme, grognes sociales : Le gouvernement s’exprime

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Après les incursions meurtrières dans l’Extrême-Nord et les grognes des avocats et enseignants dans le Nord-ouest, le ministre de la Communication Issa Tchiroma s’est adressé à la presse le 24 novembre 2016. Ci dessous, l’allocution in-extenso du porte-parole du gouvernement. 

Terrorisme, grognes sociales : Le gouvernement s'exprime

Issa Tchiroma contrattaque

Mesdames, Messieurs les Journalistes, Je vous souhaite une chaleureuse bienvenue à l’occasion de cet échange auquel que je vous ai conviés, pour nous entretenir sur deux sujets d’intérêt majeur pour notre pays.

Mais avant d’y arriver, je voudrais saluer la présence à mes côtés et pour la circonstance, de Son Excellence Monsieur le Ministre d’État, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, de Son Excellence Madame le Ministre de l’Education de Base, de Son Excellence Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur, de Son Excellence Monsieur le Ministre des Enseignements Secondaires. Excellence Monsieur le Ministre d’État, leurs Excellences Madame, Messieurs les Ministres, soyez les bienvenus ici au Ministère de la Communication.
Mesdames, Messieurs les Journalistes,
Les deux sujets qui vont meubler nos échanges portent d’une part, sur les derniers évènements survenus sur le front de guerre contre le groupe terroriste Boko Haram, et d’autre part, sur les mouvements d’humeur intervenus ces derniers jours dans certaines localités de la Région du Nord-Ouest. Je commencerai d’abord par la situation sur le front de guerre. Dans la nuit du 21 au 22 novembre 2016 à 01h20mins, la localité de Ndiguina par Waza dans le Département du Logone-et-Chari a été prise d’assaut par des assaillants du groupe terroriste Boko Haram. Au cours de cette agression, 59 habitations ont été incendiées et plusieurs commerces et réserves alimentaires pillés. Une personne âgée a en outre été blessée. Mais avant cela, aux environs de 22 heures dans la même nuit, le poste avancé de l’île de Darak, également situé dans le Département du Logone-et-Chari et tenu par la Force Mixte Multinationale, a fait l’objet d’une attaque à main armée perpétrée par des éléments du groupe terroriste Boko Haram. Installés à bord d’embarcations motorisées, les assaillants ont littéralement pris d’assaut ce poste de commandement, avec pour seul objectif d’y prendre position. Face à la riposte énergique des éléments de nos Forces de Défense, les agresseurs ont dû battre en retraite, abandonnant dans leur fuite une arme lourde, des munitions, ainsi que deux de leurs comparses qui ont été aussitôt capturés. Les éléments d’informations en notre possession font état d’une dizaine d’assaillants mortellement touchés. Du côté de nos soldats qui ont défendu avec abnégation et courage notre position, nous déplorons malheureusement la mort d’un officier et de cinq hommes de rang, ainsi que celle d’un civil membre du comité de vigilance de Darak. Dans la journée du 22 novembre 2016 aux environs de 11 heures, sur l’axe Zamga-Djibrili, un véhicule de patrouille de nos Forces de Défense a sauté sur un engin explosif improvisé, faisant six blessés dont quatre gravement atteints, qui ont été immédiatement évacués à l’Hôpital Militaire de Région N°4 pour leur prise en charge médicale. Du 22 au 23 novembre 2016, sur la base de renseignements fournis par diverses sources, nos Forces de Défense, agissant sous la bannière du secteur 1 de la Force Mixte Multinationale, ont opéré une incursion dans le village de Sirdawala situé à 8 kilomètres à l’intérieur du territoire nigérian, avec l’appui des opérations Alpha et Émergence 4, et en parfaite synergie avec les Forces Armées nigérianes.




Au cours de cet assaut victorieux, 28 terroristes ont été définitivement neutralisés, 02 fusils d’assaut, 02 grenades à fragmentation, 08 boîtes de chargeurs, des centaines de munitions, des arcs, des sabres, des lances, des flèches, des haches, des couteaux, des tenues de combats, 05 motocyclettes, divers objets servant à la fabrication d’engins explosifs, de même que des supports de propagande du groupe terroriste, ont été récupérés. Aucune perte en vies humaines n’a été enregistrée dans les rangs de nos Forces de Défense. Ce jeudi 24 novembre 2016, aux environs de 07 heures, deux kamikazes femmes appartenant au groupe Boko Haram ont été repérées par une patrouille du Bataillon d’Intervention Rapide, alors qu’elles tentaient de pénétrer l’enceinte du marché de Mora. La première s’est fait exploser sans faire de victimes et la seconde a été immédiatement abattue par les éléments du BIR. Mesdames, Messieurs les Journalistes, Vous l’aurez compris, les dernières attaques lancées par Boko Haram contre notre pays, démontrent que quoique considérablement affaiblie et amoindrie, cette horde de criminels conserve encore une certaine capacité de nuisance. Les nombreuses déroutes que vient d’essuyer Boko Haram au cours des récents combats contre nos Forces et celles des pays de la ligne de front, ne peuvent que confirmer une situation de défaite devenue inéluctable et irréversible. C’est l’occasion de saluer une fois de plus le professionnalisme, la détermination sans faille, le courage et le patriotisme de nos vaillants soldats qui, dans un environnement particulièrement hostile, continuent de tenir la dragée haute à l’ennemi et de veiller au grain, face à des desseins extrémistes et tyranniques venus d’ailleurs. À nos Forces de Défense et de Sécurité, le Président de la République, Son Excellence Paul BIYA exprime la satisfaction et les encouragements de la Nation tout entière, dans le combat victorieux qu’elles mènent de concert avec toutes les armées de la coalition, contre l’obscurantisme et la barbarie du groupe terroriste Boko Haram. La satisfaction du Président de la République va également à l’endroit des comités de vigilance, pour la collaboration qu’ils apportent aux autorités administratives, ainsi qu’aux Forces de Défense et de Sécurité dans ce même combat. À tous nos compatriotes qui viennent de perdre la vie dans l’attaque menée contre notre position sur l’île de Darak, nous gardons une pensée émue et reconnaissante et transmettons à leurs familles les condoléances les plus attristées du Chef de l’État. Au nom du Chef de l’État, Chef des Armées, nous adressons les remerciements du peuple camerounais à l’ensemble de nos pays amis pour le soutien inestimable apporté sans la lutte contre cet ennemi. Toujours au nom du Chef de l’État, la reconnaissance du Cameroun va aussi à l’endroit des quatre autres pays de la ligne de front engagés au même titre que le Cameroun dans ce même combat, et nos félicitations appuyées, à la Force Multinationale Mixte pour son engagement et sa pugnacité à vaincre jusqu’à l’extermination notre ennemi commun.



Mesdames, Messieurs les Journalistes,
Alors que la Nation tout entière se trouve ainsi mobilisée pour la défense de notre intégrité territoriale et pour la sécurité des biens et des personnes vivant à l’intérieur de nos frontières ; alors que le peuple camerounais dans son ensemble se met en ordre de bataille, uni tel un seul homme derrière son Chef, et solidaire de la souffrance qu’endurent nos compatriotes de la Région de l’Extrême-nord, exposés qu’ils sont aux affres d’une violence aveugle imposée par cette horde de barbares que, voilà qu’une poignée de nos compatriotes, fort heureusement marginale, choisit d’ouvrir un autre front de violence et d’insurrection dans certaines zones de la Région du Nord-ouest, et principalement dans la ville de Bamenda. L’extrémisme et le jusqu’auboutisme dont aura malheureusement fait preuve cette minorité de nos concitoyens, sont d’autant plus curieux qu’ils interviennent au moment même où le monde entier, admiratif des prouesses organisationnelles de notre pays dans le cadre de la 10 ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations de football féminin, ne tarit d’éloges pour notre Nation qui, dans des délais extrêmement contraignants, a pu mettre en place des infrastructures sportives, hôtelières et communicationnelles ultramodernes, largement au-dessus des cahiers de charges prescrits par l’organisation faîtière du football africain pour une compétition de ce niveau. Comme vous le savez donc déjà, des groupuscules de manifestants, bravant toutes les règles requises pour la préservation de l’ordre public, ont perpétré voici quelques jours, des actes de vandalisme et de pillage, ayant entraîné des entraves à la circulation, des casses et autres destructions d’habitations et d’immeubles abritant les services publics, des atteintes à l’intégrité physique, allant même dans un cas, jusqu’à la mort d’une personne innocente. Ces actes prenaient prétexte des revendications formulées par un groupe d’Avocats exerçant dans les Régions d’expression anglaise du pays et qui par la suite, se sont étendues à l’appel de ceux-ci, à une certaine frange de la communauté d’enseignants dans ces mêmes régions. Une telle flambée de violence nourrie pour soutenir des revendications corporatistes, professionnelles ou sociétales, est inadmissible, dans un pays comme le Cameroun où il existe un dialogue constant entre les institutions publiques, les corps sociaux et la population elle-même. Ceux qui se rendent responsables de telles exactions doivent savoir que nulle part au monde, le désordre et l’insurrection n’ont jamais débouché sur quelque chose de constructif. Nous tenons cependant à préciser qu’à aucun moment de cet épisode, ni les Avocats, ni les Enseignants, ni les étudiants ou les élèves n’ont été concernés ou impliqués dans ces violences irresponsables. Au demeurant, s’agissant des demandes exprimées par ces différents corps de métiers, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement a mis en place un comité interministériel chargé de les examiner et de proposer des réponses appropriées aux instances de décision. Il va sans dire que celles de ces revendications qui s’avèreront techniquement fondées, trouveront une oreille attentive auprès desdites instances. Mais qu’en revanche, les exigences formulées au-delà de nos principes de vie, de notre vivre ensemble et d’une manière générale, des valeurs de notre République, ne sauraient trouver d’écho favorable. Il en est ainsi principalement de tout ce qui touche à l’intégrité territoriale de la Nation, au caractère indivisible de l’État, au bilinguisme institué par la Constitution et d’une manière générale, au respect de la Loi fondamentale de notre pays. De la même façon, les impératifs d’unité et d’intégration nationales doivent être considérés comme des règles intangibles et inamovibles de notre société, tout comme les valeurs de paix, de solidarité et de tolérance qui sous-tendent la stabilité de notre pays et la pérennité de ses Institutions. Nous appelons donc tous nos compatriotes à la réserve, à la pondération, au sens de responsabilité et de citoyenneté, ainsi qu’à l’esprit de dialogue, desquels le Cameroun a toujours tenu les lettres de noblesse qui font aujourd’hui de lui l’un des pays les plus respectés en Afrique et même à travers le monde. Je vous remercie de votre aimable attention.

Yaoundé, 24 novembre 2016
S.E.M. ISSA TCHIROMA BAKARY
MINISTRE DE LA COMMUNICATION

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