Enseignement supérieur : La France fait la leçon au Cameroun

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Pour avoir fait la morale au Cameroun sur son système éducatif, l’ambassadeur de France au Cameroun a reçu la politesse du Minsup. Des échanges qui sont intervenus ce mardi 22 novembre 2016 au lancement du Salon pour la promotion des études françaises.

Enseignement supérieur : La France fait la leçon au Cameroun

Gilles Thibault.

Discours chocs cordialement exécutés. Tels ont été les allocutions de l’ambassadeur de la France au Cameroun, Gilles Thibault, et le Recteur de l’Université de Douala Pr. François Xavier Etoa, représentant du ministre de l’Enseignement supérieur (Minsup). Intervenant dans le cadre de la cérémonie d’ouverture de la 5ème édition du Salon pour la promotion des études françaises (Sapef) 2016, l’ambassadeur n’a pas fait la fine bouche pour sublimer les universités et études françaises. «Ils sont environ 7000 Camerounais dans les universités et écoles françaises. C’est évidemment un choix que la France salue et qui révèle une volonté de marcher sur les pas des anciens qui se sont formés en France. La seconde réalité, avec évidence c’est que le système éducatif français est attractif. Les diplômes qu’il délivre sont internationalement reconnus. Les disciplines qu’il embrasse sont multiples et les étudiants sont pris en charge à 90% par l’Etat sans distinction de nationalité et de fait, plusieurs milliers de ces 7000 étudiants Camerounais en France bénéficient de cette libéralité, conforme à une politique d’accueil de la France», se réjouie son Excellence Gilles Thibault.

«Séjour de courte durée»




A l’écouter, l’ambassadeur n’accorde pas un réel crédit à l’enseignement supérieur camerounais. Il prône une «valorisation des enseignements supérieurs camerounais. Il est essentiel que les meilleurs établissements du pays commencent  à délivrer  des diplômes reconnus en Europe, en Amérique du Nord notamment», argue-t-il. Et d’ajouter : «Nous devons encourager le développement d’un modèle permettant au premier et deuxième cycle universitaire camerounais de devenir des cycles d’excellence, capable de retenir leurs étudiants et de leur offrir une brillante perspective d’étude au troisième cycle  au Cameroun, en France bien entendu mais aussi ailleurs. Pour ça, il faut garantir le lien avec les établissements français dès les deux premiers cycles par une délocalisation au Cameroun de certains enseignements français et par des séjours de courte durée aux étudiants camerounais dans des universités françaises.»  Des remarques pas vraiment du goût du représentant du Minsup. Comme une réponse du berger à la bergère, Pr François Xavier Etoa indique dans son speach : «Nous pensons que nos étudiants, nos enseignants, les établissements d’enseignement supérieur sont une richesse pour l’enseignement supérieur français par la compétence, la diversité, le regard extérieur et l’ouverture qu’ils apportent à la France. La mobilité des étudiants et des chercheurs est le meilleur moyen de promouvoir nos systèmes d’enseignement supérieur dans  le monde

Du tic au tac

Enseignement supérieur : La France fait la leçon au Cameroun

Au village du Sapef.

Le Recteur de l’Université de Douala poursuit dans la même veine : «Tout comme la France, le Cameroun partage la condition et la formation de haut niveau. La recherche et l’innovation représentent un atout décisif pour la croissance, la compétitivité et l’emploi. L’enseignement supérieur est donc pour le Cameroun un enjeu national» martèle François Xavier Etoa. Et de ponctuer : «Je puis affirmer avec conviction que le Cameroun a un système d’enseignement cohérent, diversifié, performant. Nos diplômés sont appréciés à travers le monde, y compris en France où, à l’aune de la mondialisation des connaissances et compétences, ils exercent leurs différents métiers avec talent et dévouement. Celles et ceux qui se rendent hors du Cameroun  pour poursuivre leurs études post licence, sont également très appréciés et obtiennent leurs diplômes grâce à leurs connaissances et leurs compétences acquises au Cameroun.» Il s’agit donc d’un partenariat gagnant-gagnant. Cette 5ème édition du Sapef se tient du 22 au 24 novembre courant au Castel Hall de Douala. Le représentant du Minsup a exprimé le souhait qu’il n’y ait pas que les universités françaises dans les stands.

Valgadine TONGA

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