Toto Guillaume : «Je suis sûr que ce sang finira par se transformer en or»

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Après sa distinction au Festival du Makossa dans la nuit du samedi 5 novembre 2016, Toto Guillaume a consenti à répondre à quelques préoccupations de votre journal.

Toto Guillaume : «Je suis sûr que ce sang finira par se transformer en or»

Toto Guillaume.

Est-ce que vous vous attendiez à une telle distinction ?

J’ai toujours dit, en tant que fils des étoiles que les vraies choses sont invisibles. Maintenant si dans le monde des vivants on me donne un trophée visible, je ne peux que le recevoir. J’ai sur ma tête depuis des années –ce n’est pas parce que je ne le dis pas-, une épine de couronne. De  cette couronne  jaillit du sang qui coule sur mon visage et dans tout mon corps.  Maintenant  je suis sûr que ce sang finira par se transformer en or.

Mais ce trophée c’est quand même le symbole de la  reconnaissance de tout un peuple…

Exactement et je ne peux pas être insensible à cela. Je réfléchis donc par rapport à ce que je comprends de la vie. Je dis aussi que tant qu’on a semé, tant qu’on a entretenu la semence en s’appuyant sur les lois de la croissance, forcément on aura la récolte. C’est tout à fait naturel qu’il y ait de la semence à la croissance, à la récolte  ça ne peut pas me surprendre.




Il y a eu tellement de festivals au Cameroun durant toutes ces années écoulées mais vous n’êtes pas venu. Quelle est cette importance que vous accordez au Festival du Makossa au point de revenir au Cameroun après tant d’années?

Il y a eu des festivals avant, il y en aura après. Il arrive parfois que l’on entende les cris du cœur. Il arrive des moments que l’on entende au secours. Il arrive des moments où on se dit ça va, vas-y terminer l’œuvre qui a été entamée. Les scientifiques ont toujours des mots quand ils n’arrivent pas à expliquer ou à comprendre une situation. Ils parlent de hasard. Il y a un moment dans la vie d’un peuple, d’une nation qu’il y ait des appels. Je n’ai pas attendu qu’on m’appelle. C’est mon esprit qui m’a poussé pour que je sois là. Je ne vous dirai pas que le niveau musical actuel camerounais est le meilleur mais je pense que l’avenir, du fin fond de mon âme, est que s’il peut permettre à ceux qui savent décoder, il serait très important et souhaitable que l’on puisse travailler encore de longue haleine pour  rehausser le niveau artistique culturel du monde afin d’obtenir ce rayonnement qui faisait éclat il y a quelques années. D’habitude je le dis, si l’espérance de vie à partir de ce que font les scientifiques était de 100 ans et que je calcule les jours qui me restent à passer dans le monde des vivants, je le consacre dans la jeunesse et élaborer encore un projet derrière qui puisse croitre pour la prospérité parce que je reviendrai.




Est-ce que vous pensez comme certains de vos confrères artistes que les misères du monde musical et culturel camerounais sont tributaires à un manque de volonté politique ?

Je pense que chaque être humain est responsable de sa vie. S’il faille que je me plaigne de ce que les pouvoirs publics n’ont pas fait ci ou ça je passerais à côté de ma vocation. Je m’évertue dans mon bilan à observer ce que je fais, pourquoi je le fais, comment je le fais, avec qui je le fais. Et je suis sûr qu’en assurant ma part de vocation j’aurai contribué à la prospérité. Si je dis que les pouvoirs publics ont fait ci et pas ça, je serais comme un pleurnichard. Chacun est libre de poser les actes comme bon lui semble et chacun répondra face aux actes qu’il pose. Moi j’ai choisi le monde de l’harmonie, de la beauté. Tout ce qui peut se faire dans une société peut aider à l’avancement de cette société et on ne peut pas empêcher que l’évolution se fasse. Elle se fera avec ceux qui le veulent et ceux qui piétinent les lois de l’évolution se laisseront distancer tout simplement.

Entretien avec Valgadine TONGA

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