Ekambi Brillant : «J’ai baptisé Ebeny Donald Wesley»

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Il s’appelait Dihang Bombey Ebénizer Roger. Très peu de ses fans le savent. Son nom d’artiste, Ebeny Donald Wesley, lui vient d’Ekambi Brillant, un ainé qu’il a longtemps admiré. Après la mise en bière et le concert géant avec les artistes (vendredi 21 octobre 2016), l’illustre batteur sera inhumé samedi au cimetière de Njo-Njo à Douala. Amis depuis les années 1980, Ekambi Brillant, par ailleurs Président du comité d’organisation des obsèques, repasse en quelques lignes la vie  d’Ebeny Donald Wesley.

Dihang Bombey Ebénizer Roger était son nom. Très peu de ses fans le savent. Son nom d’artiste, Ebeny Donald Wesley, lui vient d’Ekambi Brillant, un ainé qu’il a longtemps admiré

Ekambi Brillant.

Comment avez-vous connu Ebeny ?

J’ai connu Ebeny en France en 1980. Aladji Toure m’avait dit qu’il se produisait avec de petits groupes dans un cabaret-restaurant qu’on appelait à l’époque La Gare du Nord à Paris. J’ai décidé d’y aller un jour. Ebeny était à la batterie. Il était si content de me voir. En fait je ne le connaissais pas mais lui me connaissait depuis le Cameroun. Il a fait savoir à Toure qu’il voulait me rencontrer et c’est ainsi que Toure l’a amené un jour à la maison. Ebeny a commencé à me raconter tout ce que je faisais, comment il me suivait à la fin de mes shows dans les cabarets. C’est ainsi que naissent nos relations. Il m’avait fait la remarque que je travaille beaucoup avec les Blancs et qu’il doit entrer dans le cercle. On commence donc à bosser ensemble. Nous sommes entre 1981 et 1982. C’est lui qui joue le titre à succès ‘‘Musoloki’’. Un jour je lui dis que je retourne au Cameroun pour un concert. Comme ça faisait 12 ans qu’il n’avait pas vu sa famille, il décide de venir avec moi. Je remplace le batteur que j’avais calé par Ebeny Donald Wesley. Ainsi naît son nom.

Qu’est-ce qui vous avait inspiré ce nom ?




Les musiciens qui m’entouraient étaient des Américains et je voulais qu’on sache que je joue avec les batteurs américains. Il s’appelait déjà Ebeny. J’avais juste ajouté Donald Wesley. Je l’ai baptisé et il a gardé le nom. J’avais une maison de production en Europe. Il avait décidé de créer aussi la sienne. C’est lui qui produit ‘‘Yoma Yoma’’ de Dina Bell. Je l’ai beaucoup inspiré parce qu’il voulait tout faire comme moi. Il était très ambitieux. Il avait les projets qui dépassaient la personne car il était très noble mais grand dans la tête. C’est lui qui avait pensé à créer l’équipe nationale du Makossa, constituée de Toto Guillaume, Aladji Toure et lui pour accompagner tous les chanteurs de Makossa qui jouaient sur la place de Paris.

Nécrologie : Ebeny Donald Wesley quitte la scène

Ebeny Donald Wesley. A jamais!

Quels souvenirs gardez-vous de lui ?

C’était un garçon très reconnaissant, très jovial. C’est lui qui mettait l’ambiance quand on était en avion, en bus…même dans les vestiaires, avant qu’on ne monte sur scène. Jusqu’à ce qu’il revienne au Cameroun, il assistait à tous mes concerts. C’était un garçon colérique mais sa colère ne durait pas. Il aimait voir les gens unis derrière une cause. Il m’a dit un jour à Paris : «Il ne faut plus jouer avec les Blancs. On va former une équipe de Camerounais qui va t’accompagner sur scène.» Quand il rentrait au Cameroun il n’était plus vraiment dans la musique. Il était découragé par les problèmes incessants des musiciens, mais il était avec les artistes. Il a créé beaucoup de choses avec sa musique. C’est le premier a joué du funk dans le Makossa. Il avait innové.




Entretien avec Valgadine TONGA

 

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