Agriculture durable : Les agriculteurs à l’école de entrepreneuriat

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Les différents acteurs intervenant dans le secteur agricole  se sont réunis du 30 septembre au 2 octobre 2016 à Limbé,  au cours d’un atelier international,  dans le but de trouver des solutions pour faciliter la contribution des services du conseil agricole dans la lutte contre le changement climatique et le développement de entrepreneuriat agricole en Afrique.

Agriculture durable : Les agriculteurs à l’école de entrepreneuriat

Dans une plantation.

Au Cameroun les   services  du conseil agricole  et rural  (Scar)  ont été d’un apport important dans l’accompagnement  des cacaoculteurs, témoigne Marc Ghislain Bappa Se, de la Confédération nationale des producteurs de cacao du Cameroun (Conaprocam). Ce système  a permis d’intervenir  tant au niveau du volet administratif que technique. Sur le plan technique, les conseillers agricoles  mettent à la disposition des  agriculteurs des informations nécessaires  pour la production du cacao en passant par  la mise en champ et l’entretien des parcelles.  «Ces services offrent un moyen d’apprentissage et de valorisation de bonnes pratiques agricoles. Dans ce sens, il est  important  pour nous qui avons les informations  de les acheminer au niveau des producteurs parce qu’ils n’ont  pas le temps de se recycler », explique  Marc Ghislain Bappa  Se.

Vue son importance, ce système de conseil se révèle être un atout  capital  pour  le développement d’une agriculture durable  en Afrique. «  Les Scar sont au cœur de la performance de l’agriculture. Les trouvailles de la recherche ne sont diffusées que par un service de vulgarisation », affirme Jean Claude Eko’o Akouafane, secrétaire général au ministère de l’Agriculture et du Développement rural. Le défi actuel pour les conseillers  est non seulement de sensibiliser les agriculteurs, mais aussi de les éduquer sur les normes  de base en matière d’environnement, de sécurité des aliments, de santé des plantes et des animaux, de maintien des terres dans de bonnes conditions agricoles et environnementales.

Un service réactif

 Pour atteindre cet objectif, ces conseillers, en particulier ceux de l’Afrique de l’Ouest et Centrale,  ont besoin de se faire comprendre, de toucher le plus grand nombre de personnes et de localités le plus rapidement  possible. Et c’est à ce niveau que le problème se pose. En Afrique Centrale et de l’Ouest, l’offre des Scar est insuffisante tant quantitativement que qualitativement, et varie souvent en fonction des chaînes de valeur, des services et des localités, souligne,  Dr Patrice Djamen,  président  du Réseau des Services de Conseil Agricole et Rural d’Afrique de l’Ouest et du Centre (Rescar-Aoc).

Face à cette faiblesse  observée dans le  système,  les différents acteurs du secteur agricoles  se sont mobilisés pour trouver des voies et moyens pour  remédier à cette situation.  C’est dans cette optique que s’est tenu à Limbé, dans la région du Sud-ouest  Cameroun, du 29 septembre au 1er octobre 2016,   un atelier international,  organisé dans le cadre d’un partenariat multi-acteurs associant le Rescar-Aoc, le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural du Cameroun (Minader), le Forum africain des services de conseil agricole (Afaas), le Forum mondial pour le conseil rural (Gfras), Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ)… Un  échange qui se déroule sous deux points essentiels :   «Améliorer la réactivité des services de conseil agricole et rural (Scar) dans le contexte du changement climatique et de l’entrepreneuriat agricole en Afrique de l’Ouest et du Centre ». «Mieux impliquer les femmes, les jeunes et les organisations de producteurs à travers la gestion des connaissances ».

Au terme de cet atelier, les participants ont proposé des moyens pour   ajuster  efficacement les  Scar afin de  participer de façon efficiente à la gestion inclusive du changement climatique et au  développement de l’entrepreneuriat agricole. Ce qui contribuera à la réalisation du développement durable en Afrique de l’Ouest et du centre. « Les produits de cet atelier vont servir à influencer les politiques,  à faire changer les manières de faire, à intégrer de nouvelles initiatives, des innovations qui permettront d’améliorer ce qui est déjà fait afin d’obtenir un résultat plus important », explique, Dr Patrice Djamen. Dans cette démarche, l’implication de la femme, des jeunes et des organisations sont d’un apport considérable. «  On s’est rendu compte que les femmes ont été très peu prises en compte dans l’offre du conseil agricole, pour différentes raisons culturelles, économiques et autres parce que très peu de femmes sont chef d’exploitation. Pourtant elles constituent au moins  60% de la main d’œuvre agricole. Donc si on veut vraiment un changement inclusif, il faut prendre en compte cette catégorie socioprofessionnelle qu’on a tendance à oublier et réfléchir aux nouveaux  outils et méthodes   qui permettront de les impliquer », confie  Dr Patrice Djamen. Il ne reste plus qu’aux participants  de s’imprégner de la nouvelle approche  pour faire de  l’Afrique de l’ouest et du Centre  un exemple en thème de Scar.

D.N.

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