Interview/Didier Ndengue : «J’ai vraiment été choqué»

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Administrateur du blog www.ndengue.mondoblog.org, Didier Ndengue a ameuté une vingtaine de blogueurs pour décortiquer sous différents angles la grosse problématique des accidents routiers au Cameroun. Il a baptisé la campagne #StopAuxAccidentsRoutiers. Pendant deux semaines, ces ‘‘influenceurs du numérique’’ ont envahi les réseaux sociaux avec des chroniques engagées.  Didier Ndengue revient sur cette campagne.   

Didier Ndengue : «J’ai vraiment été choqué»

Didier Ndengue.

Vous avez envahi les réseaux sociaux pendant deux semaines pour parler des accidents de la route. Présentez-nous ce projet que vous avez initié ?

Il parti d’un constat. Au Cameroun, on enregistre énormément d’accidents de la circulation. Il suffit de se connecter sur les réseaux sociaux pour s’en rendre compte. Il y a des nouvelles images de cadavres presque tous les jours sur la Toile. Et ce qui m’intrigue le plus, c’est la présence de ces images sur les réseaux sociaux. Les gens n’ont plus peur de balancer de telles choses choquantes sur leurs pages Facebook, Twitter ou Instagram. Ils ne pensent même pas aux âmes sensibles. L’autre jour (il y a plus de deux semaines), en ouvrant ma page Facebook, je suis tombé sur la photo d’un accident de la route. Plusieurs personnes parmi lesquelles un sous-préfet, sont décédées sur le champ. Du coup, je me suis senti interpeller. J’ai vraiment été choqué. Je voulais rédiger un article dessus pour le publier, mais je n’ai pas pu. J’ai alors eu cette idée : « Rassembler les blogueurs camerounais autour de ce phénomène de la route ». C’est ce que j’ai fait dans les minutes qui suivaient.




Pourquoi avoir pensé spécialement aux blogueurs?

C’est un sujet qui touche tout le monde parce que nous sommes tous exposés à des accidents de la circulation. Il était important que les blogueurs donnent leur point de vue sur ce phénomène à la veille de la Coupe d’Afrique des Nations (Can) de football féminin qui se tiendra dans notre pays le mois prochain. Il était également question de créer un vaste mouvement pour annoncer l’existence des blogueurs dans ce pays, surtout à la veille de la deuxième édition de leur Forum qui se tient ces 7 et 8 octobre à Douala. En plus du forum, nous avons aussi la conférence «Je suis camerounais et je blogue» qui aura lieu le 15 octobre prochain. Comme l’indique le thème du «Bloggers Forum» cette année, nous devons « changer la donne », en professionnalisant ce domaine d’activité. Je crois que nous sommes sur le bon chemin.

Comment avez-vous fait pour réunir tous ces blogueurs ?

Via les réseaux sociaux. Je connais un maximum de blogueurs excessivement talentueux dans ce pays. J’ai constitué un forum de discussions sur Facebook dans lequel j’ai mis une dizaine d’entre eux. Mais avant cela, j’ai travaillé sur le sujet avec le grand-frère Frank William Batchou, pour qui j’ai beaucoup d’admiration. Ensemble, nous avons découpé le sujet. Et on a obtenu une dizaine d’angles. Il m’a ensuite proposé d’adopter ce hashtag: #StopAuxAccidentsRoutiers. Ce que j’ai aussitôt fait. Tous les autres blogueurs du forum créé ont été ravis et chacun a choisi son angle et nous avons avancé les hostilités le 19 septembre avec le billet de mon frangin Ecclésiaste Deudjui, qui nous parle de comment ont obtient les permis de conduire dans notre pays.




Quelles étaient votre cible ?

Nous n’avions pas une cible particulière. Le but était de condamner ce phénomène avec la dernière énergie. En le condamnant, nous interpellons les pouvoirs publics, nous demandons également à chacun de fournir quelques efforts pour éradiquer cette horreur. Même si la plus grosse responsabilité revient à nos dirigeants, il est important que chacun de nous prenne des mesures préventives afin d’éviter de tels drames.

Vos objectifs ont-ils été atteints ?

Beaucoup de personnes nous ont contactés pendant et après la campagne. D’autres nous ont proposé d’autres sujets de campagne. Nous avons également enregistré beaucoup de lecteurs. Les médias internationaux ne cessent de nous contacter         pour en savoir d’avantage malgré les précisions des quatorze costaudes contributions des blogueurs que nous avons recensées.

C’est quoi les prochains défis ?

Nous sommes déjà en train de travailler sur le prochain thème. Je ne peux pas encore me prononcer dessus sans le consentement de mes confrères. Mais laissez-moi vous rassurer que le nombre de blogueurs a augmenté après la récente campagne qui a pris fin le 30 septembre. C’est ainsi que nous comptons contribuer au développement de notre cher Cameroun.

Entretien réalisé avec Valgadine TONGA

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