Transport routier/ Grèves : Le chantage enfumant des syndicalistes

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Des préavis de grève annoncés à coup de ramdam médiatique et désamorcés sous cape, des leaders syndicaux du transport routier sont passés maîtres en la matière. Certains transporteurs parlent de manipulation.

Des préavis de grève annoncés à coup de ramdam médiatique et désamorcés sous cape, des leaders syndicaux du transport routier sont passés maîtres en la matière.

Il y a quelques jours, le Collectif des syndicats du transport routier a annoncé une grève pour le 3 octobre 2016 relative aux réformes sur les assurances. A Douala, certains conducteurs de taxi prennent le mot d’ordre avec des pincettes. «Je suis dans un syndicat et on n’a pas soulevé un tel sujet à ma connaissance. C’est à la radio que je l’apprends», «je ne sais pas de quelle grève il est question»…«est-ce qu’ils nous ont consulté avant ce préavis ? Chaque année, ils annoncent une grève. Une fois qu’ils obtiennent ce qu’ils veulent, ils suspendent la grève. Ils ont déjà faim» réagissent-ils. Rien n’est sûr. Ce que l’on sait cependant, c’est que cette autre grève vient d’être suspendue.

Le communiqué a été lu ce dimanche 2 octobre  sur les ondes de la Crtv. «En considération à la médiation du greffier des syndicats, dans le souci de privilégier le dialogue social, franc et sincère prôné par le chef de l’Etat, le collectif des syndicats du transport routier lève le mot d’ordre de grève du 3 octobre 2016 et laisse libre court aux différentes concertations engagées par le gouvernement et les assureurs. Par conséquent la réforme sur les assurances est suspendue, et le mécanisme de contrôle de paiement des sinistres sera mis sur pied ultérieurement»,  signent Patrice Samen, porte-parole du collectif et Essomba Prosper Aimé, président national du Syntrapurcam.

Coup de théâtre

Plus qu’un moyen de pression, la grève serait-elle l’arme fatale des leaders syndicaux du transport routier ? En novembre 2015, les syndicats du transport routier lancent un préavis de grève «générale, pacifique et illimitée» pour exiger la baisse des prix du carburant. Quelques jours après, les mêmes syndicats lèvent le mot d’ordre. Rien n’avait pourtant changé sur les coûts à la pompe. En 2014, on a eu droit à un cinéma de mauvais goût. Pour s’indigner contre l’augmentation des prix des transports urbains et interurbains, des contrôles routiers autorisés entre autres, les syndicats avaient annoncé une grève générale le 7 juillet 2014. Coup de théâtre. Pendant que la Confédération générale des syndicats des transports du Cameroun (CGSTC) fait savoir sur la Crtv que le mot d’ordre est levé, le Regroupement des syndicats des transports urbains et interurbains (Rstui) se désolidarise et maintient le mot d’ordre. Il baissera pavillon par la suite. N’allez pas croire que les requêtes avaient reçu l’écho favorable. En 2013 on a eu droit à une scène quasiment similaire. Les conducteurs finissent par s’y perdre.

Valgadine TONGA

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