Insalubrité : Douala, ville poubelle

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Routes recouvertes d’immondices, bacs à ordures inondés d’ordures…les riverains en ont gros sur le cœur. Accablée par les plaintes et les insultes, la société Hysacam récuse.

Insalubrité : Douala, capitale poubelle

Cité-Sic. Les bacs sont débordés.

 Le 18 août 2016, le magazine anglais The Economist classait Douala à la 9e place des villes les plus invivables dans le monde. S’il faille établir un classement pour les villes les plus insalubres, on ne serait pas loin de la palme d’or. Depuis des semaines, les bacs à ordures déposés par la société Hygiène et salubrité du Cameroun (Hysacam) sont pleins à craquer. Conséquence, les tas d’immondices regagnent les chaussées.  Si cette image était plus visible dans les quartiers périphériques, le centre ville et d’autres quartiers huppés comme Bali, Bonapriso sont devenus de véritables poubelles.  «Hysacam  ne passe plus récupérer les ordures. Je ne sais pas la dernière fois que leur camion est arrivé au quartier. Je ne sais pas si ces gens veulent que nous mangeons nos ordures», tonne une habitante de Bépanda Tonnerre. Sur le petit trajet allant de Bp-Cité à Ange Raphael, on compte plus de cinq bacs à ordure. Hélas ! Ils sont tous inondés. Les riverains déchargent leurs saletés sur la chaussée. «Hysacam nous a abandonnés, se désole une résidente du quartier Cité-Sic venue vider sa corbeille. Vous voyez que le bac est plein. Je ne vais pas rentrer chez moi avec les ordures. Je les jette où je peux.»

Insalubrité : Douala, capitale poubelle

La poubelle abonde.

La décharge inaccessible

A la société Hysacam, on ne réfute pas la réalité. Devant les médias ce mercredi 7 septembre 2016, Innocent Ebode, communicateur dans la société explique que les insuffisances dans la collecte des déchets sont dues à la conjonction de plusieurs facteurs. «Il y a le facteur climatique. Les pluies diluviennes qui tombent depuis des mois à Douala ont rendu notre centre de traitement de déchets, la décharge de Pk 10 inaccessible. La plupart de nos camions s’embourbent, certains se renversent. Et quand ces camions tombent en panne, il faut les réparer. Du coup, ils ne peuvent plus desservir les quartiers pour lesquels ils étaient programmés. Les riverains du quartier peuvent penser qu’on les abandonne. En réalité leur camion a été envoyé à la maintenance pour réparation.» Après un tour à la décharge de Pk 10, le constat est alarmant. La voie d’accès à la zone de déversement est un bourbier.  Des camions sont garés pour cause de panne. D’autres attendent encore leur tour pour décharger leurs déchets. «Depuis que les pluies ont commencé, sur 10 camions qui entrent à la décharge, au moins 5 ressortent en panne», argumente le responsable du site de la décharge, Cyrille Batomen.

Insalubrité : Douala, capitale poubelle

L’incivisme de la population est un autre facteur. Le directeur de la cellule de la Communication, Garba Ahmadou s’insurge contre le vol quasi régulier des bacs. Certains commerçants jettent les braises dans les bacs, pourtant ils sont combustibles.  L’autre facteur, et pas des moindres, c’est l’argent. «Pour faire la propreté urbaine, ponctue Innocent Ebode, il faut plusieurs acteurs. Il n’y a pas que l’opérateur technique qui est Hysacam. Il y a plusieurs acteurs donc, les populations, les communautés urbaines, les municipalités, la population et l’Etat. Quand l’un de ces acteurs ne joue pas son rôle il y aura une perturbation. Par exemple, pour que nous exécutions notre service de propreté, il faut que nos factures soient payées. Quand il y a un retard dans le paiement de ces factures, cela nous met en difficulté parce que les fournisseurs attendent par exemple d’être payés pour les pièces de rechange de nos camions.» L’Etat paie 80% des prestations d’Hysacam et les 20% sont payés par les communautés urbaines ou les municipalités. A en croire Innocent Ebode, les différents maillons de la chaine ont commencé à se remuer. «Chacun de ces acteurs que je viens de citer commence à faire son devoir et à respecter un certain nombre de chose contractuelle. Dans les tout prochains jours, vous verrez que l’état de salubrité s’est amélioré», promet l’interlocuteur.

Valgadine TONGA

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Un commentaire

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