La rentrée scolaire: L’éternel recommencement des grincements de dents des parents

0
La rentrée scolaire: L'éternel recommencement des grincements de dents des parents

Serge Aimé Bikoi

Chaque année, des plaintes récurrentes des parents sont légion à quelques encablures de la rentrée scolaire. A bien y regarder, il règne, en général, des signes d’impréparation des maillons de la chaîne socio-éducative qui s’escriment à exposer la cohorte des obligations pécuniaires auxquelles ils font face. Ce phénomène devenu récurrent chaque année est le trait dominant de l’actualité de la rentrée scolaire ayant cours au mois de septembre. L’arrêt des cours en fin d’année étant fixé, au plus tôt, au mois de mai et, au plus tard, en juin, quiconque sous-entend que chaque agent du système éducatif dispose d’au moins trois mois pour affronter les contraintes scolaires ultérieures. Mais au regard de la réalité prégnante  dans les grandes villes camerounaises, ainsi que dans les contrées rurales, des doléances incessantes des parents ont toujours droit de cité tant la monture des problèmes quotidiens de ces derniers est indénombrable. Modicité des moyens financiers, arriérés de salaire mensuel dans des secteurs d’activités, cas de maladies fréquentes de la progéniture scolaire, disparition de certains membres de la famille nécessitant des besoins pécuniaires urgents sont, entre autres, des contingences de la conjoncture ambiante qui entrainent, sans conteste, la baisse drastique des revenus.

Au-delà de ces vicissitudes quotidiennes qui affectent, en général, les acteurs socio-éducatifs, il y a des difficultés contextuelles auxquelles certains parents sont en butte en cette période marquée par les préparatifs de la rentrée scolaire. Le blocage des épargnes de certaines catégories sociales dans un établissement de micro-finance donné est l’une des déconvenues, dont la rareté des espèces sonnantes et trébuchantes est la conséquence. Toute chose difficile à surmonter au moment où des responsables ont besoin d’accéder à leur épargne pour inscrire leurs enfants. Autre contingence actuelle non des moindres c’est la situation précaire des milliers d’opérateurs de la filière avicole qui ont perdu, en l’espace de trois mois, des milliards de Fcfa, consécutifs à l’interdiction de la commercialisation du poulet à Yaoundé, Bafoussam, Ebolowa. A cause donc de ce préjudice majeur, il est difficile, pour des aviculteurs concernés, de transcender la nomenclature de contraintes scolaires de la prochaine rentrée.

Des actes fatalistes mortifères

En dehors de ces deux catégories singulières, il y a des agents de l’économie populaire urbaine, prosaïquement appelée le secteur informel, qui s’échinent, au quotidien, à commercialiser leurs produits, mais qui sont, en permanence, persécutés, violentés, dissuadés et heurtés par des fins limiers de la police municipale. A temps et à contre-temps, ces hommes balafrés de la communauté urbaine accaparent le dur trésor vital des combattants socio-économiques au point où toute possibilité de percevoir un quelconque bénéfice journalier, hebdomadaire ou mensuel est vaine. A cause de ces tracasseries régulières, d’aucuns lâchent du lest et succombent à un découragement total. Des actes fatalistes mortifères ne sont pas aussi évitables eu égard à des dommages considérables causés par les « terroristes » de la police municipale. Il y a trois semaines, un jeune commerçant voyant ses bassines de pommes de France détruites au centre ville de Yaoundé a préféré se donner la mort. Avec de tels préjudices, surmonter des exigences de la rentrée scolaire est problématique. Et Lorsque l’on y subordonne le coût prohibitif des ingrédients scolaires de chaque cycle d’enseignement par élève, la présente rentrée scolaire se transforme en un véritable casse-tête chinois.

Serge Aimé Bikoi, Sociologue du développement

 

Share.

About Author

Leave A Reply