Usine à Gaz de Ndogpassi : Les riverains crient leur colère

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Ils sont descendus dans la rue ce mercredi 20 juillet 2016 pour réclamer du travail à la société Gaz du Cameroun.

Lors de l’inauguration le 15 novembre 2013 de l’Unité de production du gaz naturel de Ndogpassi/Douala, le chef de l’Etat avait recommandé à la société Gaz Cameroun que 80% de la main d’œuvre soit constituée des riverains. A écouter les habitants de Ndogpassi, on est très loin du compte. C’est ce qui explique leur descente dans la rue ce mercredi 20 juillet 2016.

Usine à Gaz de Ndogpassi : Les riverains crient leur colère

Les riverains en rogne.

Assis au ras le sol pour les plus fatigués, debout pour d’autres, les manifestants bloquent toute circulation, surtout en direction de la l’usine. Ils tiennent en main des pancartes sur lesquelles ont peut lire : «Trop c’est trop», «Youth are not confortable. We needs work (les jeunes ne sont pas à l’aise. Nous  voulons le travail)»… L’un des leaders de la manif explique : «Les jeunes de Ndogpassi ont un problème, celui du travail. Nous avons pourtant des intellectuels parmi nous. Des ingénieurs en génie-mécanique, des ingénieurs en bâtiment…Nous avons des personnes qualifiées. Nous demandons simplement à la société d’être ouverte, de recevoir les demandes et de mettre la personne qu’il faut à la place qu’il faut. Nous ne voulons plus être marginalisés», tempête Bertin Tchami. En outre, Bertin exige à la société Gaz Cameroun, filiale de la société britannique Victoria Oil and Gas de «réaliser des actions sociales. Jusqu’ici nous n’avons pas de forage, pas de formation hospitalière. Le lycée le plus proche se trouve à 3km. Un projet comme celui-ci devrait permettre à la population de bénéficier des œuvres sociales.» Il a fallu la descente sur les lieux du sous-préfet de Douala 3ème Njoya Zakariaou pour ramener le calme.

Le sous-préfet a convoqué une réunion de crise avec les populations et le directeur général de Gaz Cameroun «pour qu’il (Dg) écoute ces enfants qui devraient être utilisés conformément aux accords qu’ils ont eu par le passé. Le directeur a promis de discuter avec le responsable de la société (en charge de la construction des forages, ndlr) qui doit lancer d’ici là le nouveau forage. Je crois fortement que les jeunes y trouveront quelques emplois. Il est bien à noter que cette société ne peut pas employer toute la jeunesse de Ndogpassi», soutient Njoya Zakariaou. Le sous-préfet se réjouie un peu vite parce que le directeur général Marck Wilson joue une autre note. «J’écoute les plaintes et c’est absolument faux. Nous recrutons des jeunes du quartier, c’est un fait. Je ne vais pas réagir à une évidence.» En tout cas, les riverains ont promis redescendre dans la rue, d’interpeller le gouverneur et le président de la République s’ils ne voient aucun changement.

Valgadine TONGA

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