La pollution sonore et ses tentacules banlieues camerounaises

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Yaoundé et Douala, respectivement métropoles politique et économique, qui sont devenues des grands marchés  depuis le début des années 90, sont deux repaires des fortes nuisances sonores. Les quartiers populaires sont de véritables tintamarres d’expérimentation de ce phénomène social. Dans le dessein d’adopter des stratégies génératrices de revenus visant à remédier au contexte chancelant de la pauvreté, des acteurs sociaux ont démultiplié des circuits de plaisir et de loisir, à l’instar des bars-dancings et des snack-bars. Ces sites propagateurs des sonorités tonitruantes et incessantes jonchent les quartiers à forte concentration humaine.

La pollution sonore dans les églises de réveil

Dans une église de réveil.

Mvog-Mbi, Essos, Ekounou, Mimboman, Emombo, Kodengui, sont, entre autres, des fiefs populeux, où les musiques populaires d’antan et de l’heure sont distillées sans discontinuité au grand dam des populations environnantes parfois meurtries par leur état de santé précaire. Opposent une concurrence sérieuse et farouche aux bars-dancings et aux snack-bars les églises de réveil, dont la proportion démesurée est observée dans des agglomérations camerounaises. Au quotidien, les maîtres spirituels, pasteurs et fidèles  de ces religiosités ambiantes, mus par un fanatisme outrecuidant,  chantent, dansent, jacassent, évangélisent, entrent en transe et produisent, pendant des heures, un brouhaha sans précédent. Toute chose importunant la tranquillité des citoyens dont les logements côtoient ces boutiques religieuses.

Dans les grands centres urbains, où les agents de l’économie populaire urbaine rivalisent d’adresse, les vendeurs ambulants, les propriétaires des disqueries de proximité et les établissements commerciaux en quête d’une clientèle exponentielle émettent des effets de saturation sonore au point où quiconque ne sait qui écouter et à qui accorder un intérêt singulier. Et lorsque les bruits des klaxons des véhicules divers et les sonorités du Texas des moto-taximen se subordonnent à ce vacarme permanent dans la capitale économique comme Douala, il y a un potentiel risque de succomber face à l’exubérance de la montée fulgurante des tonnes de bruit.

Serge-Aimé Bikoi, Journaliste indépendant, Sociologue du développement

 

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