Art : Sortir le théâtre camerounais du précipice

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Un colloque sur le bilan des 15 dernières années du 5ème art au Cameroun a cours depuis ce lundi 13 juin 2016 à l’Institut français de Douala.

Art : Sortir le théâtre camerounais du précipice

Colloque sur le théâtre camerounais.

«Le théâtre camerounais ne fait plus rêver comme par le passé. L’amateurisme grandissant, l’inexistence des salles de cinéma sont quelques causes», ponctue la journaliste Linda Mbiapa. Christelle quant à elle en est à se demander s’il y a un théâtre camerounais. Elles ne sont pas seules à partager ce point de vue. En fait, dire que le Cameroun a mal à son théâtre est une lapalissade. Pour le dramaturge et metteur en scène Eric Delphin Kwégoué : «le théâtre camerounais est dans un précipice. Notre théâtre se porte mal.» Un avis qu’il a soutenu  au colloque sur «La situation du théâtre camerounais: Bilan de 15 années de pratique de 2000 à 2015». Un colloque qui se tient depuis ce lundi 13 juin 2016 matin à l’Institut français de Douala. Pendant deux jours, dix-huit intervenants (dramaturges, metteurs en scène, enseignants, artistes comédiens…) passent au crible les causes de l’agonie dans lequel se trouve le théâtre camerounais.




L’époque des salles pleines

Eric Delphin soutient dans son exposé que le public camerounais n’affectionne plus le théâtre local parce qu’il ne s’y reconnaît plus. «Que faisons-nous pour que le public vienne au théâtre ? Comment professionnaliser le théâtre camerounais ? Je crois que l’un de nos péchés c’est de faire un théâtre qui n’est pas le nôtre, cessons ce mimétisme.» Un argumentaire partagé par l’universitaire et critique Dr Ibrahim Aliloulay Moungande, pour qui «les productions artistiques camerounaises sont essentiellement fondées sur les paradigmes occidentaux.» Comédien-metteur en scène-dramaturge, André Bang souligne : «On ne peut pas faire un théâtre si nous ne sommes pas capables d’aller chercher dans nos traditions. Il faut aussi dire que les festivals de théâtre ne reçoivent pas de fonds du ministère de la Culture et des Arts.» Pour avoir vécu les années glorieuses du 5ème art au Cameroun, dans les années 1970, Jacobin Yarro argue que la déserte des salles de spectacle vient du fait qu’«on ne se soucie pas du public. Nous avons nous-mêmes exclu le public qui par le passé venait en nombre. On écrit des pièces pour des objectifs financiers.» Avant la crise de 1988, renchérit le comédien et l’auteur dramatique Wakeu Fogaing, «on a connu les salles pleines à Bafoussam




Qu’est-ce qu’il faut faire pour ramener le public dans les salles ? Les débats entre les nombreux panélistes restent ouverts. Et ils sont plutôt captivants. C’est tout à l’honneur de Michèle Masure, administratrice de Koz’art. C’est une association consacrée au développement du théâtre et de l’écriture dramatique contemporaine. Le colloque est l’une des activités de la deuxième édition du festival «Compto’art 54» (Carrefour international des arts du spectacle de Douala) qu’organise Koz’art. Le festival ira du 13 au 17 juin 2016. A côté du colloque, des spectacles, des formations, des rencontres débats…  meubleront les journées.

Valgadine TONGA

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