Peter Agbor Tabi : Vie et mort de l’homme

0
Peter Agbor Tabi

Peter Agbor Tabi

Né le 23 février 1951 à Mamfé dans le département de la Manyu, région du Sud-ouest, Peter Agbor Tabi a fait ses études primaires dans cette aire culturelle avant de rejoindre le lycée bilingue de Buea. C’est en 1971 qu’il s’inscrit en Lettres bilingues à l’Université de Yaoundé. Il passera, en outre, une année de stage linguistique à l’Université de Dijon en France, où il obtient le certificat d’études françaises en 1972. En 1975, le fils de la Manyu est diplômé des Lettres bilingues et s’envole vers les États-Unis d’Amérique, où il intègre l’Iric de l’Université de Caroline du Sud. Il y obtient successivement un Master degree et un Ph D en Relations internationales en 1978 et en 1982. Lorsque Agbor Tabi revient au Cameroun, il enseigne à l’Iric, dont il devient le Directeur adjoint en 1984.




Du Minsup à la présidence

Quatre ans plus tard, il est érigé à la tête de cette institution. En 1991, l’ancien Directeur est nommé Chancelier de l’Université de Yaoundé jusqu’en 1993, année de la réforme universitaire ayant débouché sur la création des universités d’État. Avant cette nouvelle ère, la mère des universités vit une période de turbulences marquée par des mouvements de contestation estudiantine. Agbor Tabi est, sur ces entrefaites, coercitif et répressif tant il participe à dissuader des entités de protestation, dont les leaders sont créateurs. Alors que des étudiants à l’époque en font les frais, d’autres choisissent, par contrainte, la trajectoire migratoire en Occident. En dépit de cette contingence, Agbor Tabi est promu ministre de l’Enseignement supérieur, poste qu’il occupera du 21 juillet 1994 au 7 septembre 1997. Le 30 juin 2009, l’élite du Sud-Ouest est nommée ministre, secrétaire général adjoint à la présidence de la République. Haute fonction qu’il a assurée jusqu’à son décès survenu le 26 avril 2016 en France.




Malaise subit

Membre du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), Agbor Tabi est apparu affaibli et amaigri le 3 juillet 2015 sur le tarmac de l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen. C’était au cours de l’accueil du président de la République française, François Hollande, en visite officielle au Cameroun. Quelques jours après, l’ancien président du Conseil d’administration de l’Université de Yaoundé II-Soa n’avait pas assisté au bouquet offert par le couple présidentiel au palais de l’unité à l’occasion de la 43ème édition de la fête de l’unité nationale. Pendant la célébration, à Buea, du 30ème anniversaire du Rdpc, l’ancien Chancelier de l’Université de Yaoundé n’a pas pu assister, jusqu’à son terme, au meeting organisé à cet effet dans la capitale régionale du Sud-ouest. Agbor Tabi s’était alors écroulé à la stupéfaction générale des militants pendant la marche de soutien au président national du Rdpc. Mais de toutes les absences remarquées de l’homme politique ces derniers mois, l’on retient celle du 8 janvier 2016 lors de la cérémonie de présentation des vœux des corps constitués de la nation au Chef de l’État. Certains analystes avaient alors invoqué un malaise subit cependant que d’autres conjecturaient sur la lassitude du Sga de la présidence de la République. Au demeurant, les problèmes de santé d’Agbor Tabi interviennent au moment où il est cité, dans la presse locale, parmi les candidats sérieux à la tête du gouvernement en remplacement de Philémon Yang, actuel Premier ministre.

Serge Aimé Bikoi, Journaliste indépendant

Share.

About Author

Leave A Reply