Séminaires sur la décentralisation : Parole aux acteurs

0

La deuxième étape des séminaires régionaux de formation et de renforcement des capacités des acteurs locaux de la décentralisation s’est achevée hier mercredi à Douala. Après trois jours d’échanges pour améliorer le processus de décentralisation entre le pouvoir central et les communes, les acteurs du processus livrent leurs avis.

Ibrahim Mouliom (2ème  adjoint au maire de Foumbot)

«Transférer les ressources aux maires»




Ibrahim

Ibrahim

Les populations ne ressentent pas cette décentralisation parce qu’elle va à pas lent. C’est un long processus. On nous transfert les compétences sans nous transférer les moyens, les ressources qui vont nous faire avancer. Le mandat de l’exécutif communal est de cinq ans. Etant des hommes politiques, quand les choses traînent, il devient impossible de réaliser les projets que vous avez engagés avant la fin de votre mandat. Vous n’avez pas la certitude que votre successeur va continuer dans la même lancée. Ce sont les populations qui attendaient la réalisation de ces projets qui se retrouvent pénalisées. Si on pouvait transférer les ressources aux maires, ce serait une bonne chose.

Ngouh Mamouda (Receveur municipal de la commune de Bazou)

«La décentralisation n’est pas encore effective»




Receveur municipal

Receveur municipal

La décentralisation est en cours parce qu’elle n’est pas effective dans notre pays. Vous vous rendez compte que les communes n’ont pas une commission interne de passation de marchés. La passation du marché se fait au niveau du ministère des Marchés publics (Minmap) c’est-à-dire au niveau départemental. Il y a un responsable départemental qui reçoit les marchés publics et c’est lui qui gère tous les marchés. Or chaque commune devrait avoir une commission interne de passation de marchés puisqu’on parle de décentralisation. On nous apprend également qu’il y a des communes pauvres qui ne peuvent pas supporter le fonctionnement de la commission locale de passation de marchés et que c’est l’Etat qui devrait le faire. Pourtant la commune c’est l’Etat, c’est un démembrement de l’Etat. Au niveau du Minmap, il y a un déficit de fonctionnement de certaines commissions. Si vraiment cette décentralisation était claire, pourquoi ne pas dispatcher les fonds destinés au fonctionnement du comité départemental dans toutes les communes en tenant effectivement compte du nombre de marchés à réaliser au niveau de la collectivité ? On passe les marchés en l’absence du maire, pourtant c’est lui qui va signer en dernier ressort tous les documents pour les envoyer au trésorier payant général. Un marché qui doit se faire dans sa commune, on le négocie en son absence. C’est le Minmap qui prend la décision de choisir celui qui pourra gérer le marché.

Jules Doret Ndongo (Ministre délégué auprès du Minatd)

«Veiller à la qualité de la dépense communale»

Jules Doret Ndongo

Jules Doret Ndongo

Nous attendons de chacune et de chacun d’entre vous la mise en œuvre des recommandations et propositions. J’invite l’ensemble des exécutifs municipaux à travers la République à une synergie d’actions dénuée de parti pris, à une synergie d’action positive et constructive qui concourt à l’atteinte optimale des objectifs de développement de la commune. A cet égard, je rappelle le rôle prépondérant du maire, chef de l’exécutif communal et de l’ensemble des services communaux dont le secrétaire général constitue le principal animateur. J’invite les secrétaires généraux, principaux collaborateurs des maires à œuvrer dans le cadre des attributions qui sont les leurs, à cette réussite collective, à travers une saine animation des services de la commune. De même, j’invite les receveurs municipaux en leur qualité de conseillers financiers des magistrats municipaux, à œuvrer, à travers leurs suggestions et conseils à une mobilisation accrue des recettes communales ainsi qu’à une gestion efficiente desdites recettes. Je les invite à veiller à la qualité de la dépense communale dont ils sont juges de la régularité, les maires en étant les ordonnateurs et les juges de l’opportunité. J’interpelle surtout les responsables des services déconcentrés de l’Etat, au premier rang desquels des préfets exerçant la tutelle de l’Etat sur les collectivités territoriales décentralisées…J’exhorte les préfets à inciter les magistrats municipaux de leurs ressorts respectifs à œuvrer aux regroupements de communes. De tels regroupements, nous en sommes persuadés, permettraient une mutualisation des ressources financières et matérielles ainsi que les moyens techniques, en  vue d’un développement local plus large et plus inclusif…

Propos recueillis par V.T.

 

Share.

About Author

Leave A Reply