Décentralisation : C’est l’argent qui manque le plus

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Réunis depuis hier à Douala dans le cadre d’un séminaire de renforcement de leurs capacités, les élus locaux accusent le manque de financement comme frein à la bonne marche de la décentralisation.

Séminaire de formation des acteurs de décentralisation à Douala, 24 mai 2016

Les acteurs locaux de la décentralisation en formation..

Evaluer le chemin parcouru et esquisser les perspectives devant permettre l’atteinte optimale des objectifs assignés à la décentralisation. Voilà l’objectif majeur des séminaires régionaux de formation et de renforcement des capacités des acteurs locaux de la décentralisation. Après Yaoundé, c’est les communes du Littoral et de l’Ouest qui sont à l’école. Depuis lundi 23 mai 2016, ces acteurs locaux, réunis dans les services du gouverneur du Littoral à Douala, débattent sur la problématique de la décentralisation. Pourquoi depuis 20 ans que la décentralisation est en marche on constate encore aujourd’hui que nous sommes qu’aux pré-requis du processus ? Les magistrats municipaux sont unanimes sur la réponse : l’argent.




Selon le maire de Mombo, il n’y a pas lieu de tergiverser. «L’argent est le problème. Si les ressources étaient réellement mises à la disposition des collectivités les choses iraient mieux. Les populations se plaignent du manque d’investissements, sans savoir que nous ne recevons pas les moyens qu’il faut», argue Blaise Djouokou. Qui martèle : «Il n’y aura la décentralisation que lorsqu’on aura les moyens.» Aux débats ce mardi 24 mai 2016, la maire de Bangangté, Célestine Courtes a suggéré aux institutions étatiques (Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale Feicom, le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation Minatd…) de mûrir et de densifier les partenariats publics-privés. «C’est avec le secteur privé que l’Europe s’est développée», a-t-elle souligné. Le fait est que, les moyens dont disposent les mairies ne peuvent pas permettre la construction des infrastructures routières, éducatives, hospitalières…telles que souhaitées par les communautés.




«Les plus pauvres s’appauvrissent»

Si l’Etat peine à satisfaire financièrement ses communes, l’édile de Pouma estime que l’alternative se trouve à l’extérieur. «On devrait donner aux magistrats municipaux des passeports diplomatiques, ce qui leur permettra d’aller à l’étranger chercher des partenariats. L’Etat n’a pas d’argent pour tout faire seul. C’est grâce à un partenariat que j’ai faire venir des chirurgiens marocains à Pouma et Edéa. Les malades venaient de tous les coins du pays pour être opérés gratuitement», raconte le maire François Soman. Un point de vue que Etienne Owono Owono, directeur des communautés territoriales décentralisées tente d’anéantir en affirmant qu’il y a des élus qui font des voyages improductifs.

Jacques Maboula Mboya, le maire de Yabassi dénonce un autre problème, la mauvaise distribution des ressources. «Vous avez des mairies qui reçoivent ce qu’elles n’ont pas demandé, d’autres qui reçoivent peu. Pendant ce temps, d’autres n’ont rien du tout», regrette Jacques Maboula Mboya. On ne peut pas encore parler de décentralisation puisque «pour l’instant, c’est ceux qui sont privilégiés qui se servent. Les plus pauvres s’appauvrissent d’avantage. Il faut prendre un décret ou une loi impartiale et juste qui affecte à chaque mairie un montant donné à des fins d’investissements et selon des recommandations précises. Il faut une loi sur la répartition des ressources nationales», propose le maire. Ces séminaires qui sont à leur troisième édition s’achèvent demain mercredi pour ce qui est des régions du Littoral et de l’Ouest. Ils sont organisés par le Minatd.

Valgadine TONGA

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