Représailles sur les journalistes : Le Cameroun prend des galons

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Le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale tire la sonnette d’alarme.

Des journalistes en pleine manif. (Photo d'archives)

Des journalistes en pleine manif. (Photo d’archives)

Dans un rapport rendu public le 17 mai 2016, le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac) dénonce la montée en puissance des violences subies par les médias au Cameroun. Le dernier cas en date et qui fait encore jaser, c’est la fermeture du journal Aurore. En fait, le 11 mai 2016, les éléments du Commissariat Central N°1 de Douala ont débarqué au siège d’Aurore, accompagnés des agents de la police de l’Equipe Spéciale d’Intervention Rapide (Esir). «Ils seraient venus exécuter l’expédition N°061/2016/M/019/SP P du 09 mai 2016 du préfet du Wouri demandant de sceller les locaux du journal Aurore Plus suspendu par le Conseil national de Communication», lit-on dans la lettre dénonciatrice du Redhac. En l’absence du Directeur de publication du journal Aurore (et Aurore Plus), «ces agents de la police ont intimidé, menacé, arrêté et ensuite jeté la journaliste Aimé Catherine Biloa, employée dans cet organe de presse dans un pickup comme un vulgaire e bandit.»

Non seulement le Redhac «condamne avec fermeté l’arrestation et la détention arbitraire de Aimée Catherine Biloa par les agents de la police». Il demande également l’ouverture d’une enquête impartiale «afin que les agents de la police qui ont procédé à l’arrestation et détention arbitraire de la journaliste répondent de leurs actes devant la justice.» Pour ce réseau de défense des droits humains, cette arrestation est comme la goutte d’eau de trop. Le Redhac se dit d’ailleurs très préoccupé par de nombreuses atteintes à l’intégrité physique, morale des journalistes et aussi par la restriction de la liberté d’expression au Cameroun. Une situation qui s’est officialisée en 2014.

Le journal Aurore scellé.

Le journal Aurore scellé.

Cette année là,  l’Assemblée nationale a adopté la loi N°2014/028 contre le terrorisme. Bien que considérée comme liberticide par la société civile, elle a été promulguée le 23  décembre 2014 par le chef de l’Etat. Depuis lors, «le Redhac a noté une recrudescence des attaques de toutes sortes à l’encontre des journalistes et des organes de presse qui tentent de critiquer la politique des autorités et la gabegie de certains chefs d d’entreprises publics et parapublics». Les dérives sont si graves qu’il faut une synergie des institutions pour faire le change. Le Redhac recommande à la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (Cadhp) d’exiger du gouvernement la dépénalisation des délits de presse afin d’assurer la liberté d’expression ; l’application des textes de la Commission qu’il a ratifiés. L’article 9 de la Cadhp en son alinéa 1 indique : «Toute personne a droit à l’information». L’alinéa 2 rajoute : «Toute personne a le droit d’exprimer et de diffuser ses opinions… » Cette sortie du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale vient confirmer le rapport de Reporter sans frontière.  Le rapport publié le 20 avril 2016 classe le Cameroun 126ème sur 180 pays respectueux de la liberté de la presse.

V.T.

 

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