Pesanteurs dans la décentralisation : René Emmanuel Sadi s’en prend aux maires

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Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a épinglé la gestion des édiles comme frein à la mise en œuvre du transfert de compétence, mais aussi du développement local.

Emmanuel René Sadi.

Emmanuel René Sadi.

Ils en ont eu pour leur grade hier à l’amphi de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam) à Yaoundé. L’Enam abritait la cérémonie d’ouverture d’un séminaire de trois jours à l’effet de renforcer les capacités des acteurs locaux de la décentralisation. Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd), après avoir noté des « avancées », dans le processus de transfert des compétences au niveau local, René Emmanuel Sadi a tout d’abord fustigé l’hyper centralisation du pouvoir de la part des maires. « L’on constate la non implication des adjoints dans la gestion de la commune », et ce ceci au mépris des « des dispositions du décret 24 avril 2008 qui précise certaines modalités d’organisation et de fonctionnement des organes délibérants et des exécutifs de la commune », a noté le Minatd. Le texte cité supra, l’a rappelé le patron de la territoriale, précise les « délégation d’attributions, la constitution des commissions, l’adoption du règlement intérieur, ainsi que la coordination du fonctionnement des exécutifs communaux ».




Au surplus, le Minatd « constate une mise en œuvre aléatoire [des organigrammes-types là où ils existent]à travers des recrutements parfois fantaisistes et voire sans commune mesure  aves les capacités financières réelles des communes ». Tout comme il déplore les rapports emprunts d’inimitié entre les services déconcentrés de l’Etat, et les collectivités territoriales décentralisées. « L’on note dans certaines communes des rapports plutôt conflictuels entre ces deux entités, rapports conflictuels concernant parfois aussi la tutelle locale de l’Etat », se désole le Minatd.

Jules Doret Ndongo

Quand à la bonne gouvernance, les maires ne prêchent pas par le bon exemple remarque par ailleurs René Emmanuel Sadi, qui déclare « que les principes de bonne gouvernance ne sont pas toujours de mise, avec des conséquences négatives sur le fonctionnement des communes de même que sur l’exercice des compétences transférées ». Un odeur de gabegie observée notamment dans la coopération décentralisée, prisée par les maires dont le ministre note « une propension fortes […] à effectuer des déplacements à l’extérieur sous le prétexte de la recherche de partenariat, ou de voyages d’études et d’échanges d’expériences, qui le plus souvent n’ont aucun rapport avec nos réalités et notre contexte ». Si le Minatd fustige autant le rôle des maires, il n’oublie pas de balayer devant sa cour. « Fondamentalement, le transfert des ressources budgétaires souffre aussi des problèmes liés à la philosophie même de ces transferts ». Avec des projets inscrits au budget « sans lien avec le plan communal de développement, de même que les transferts s’apparentant d’avantage, de l’avis des magistrats municipaux, à des délégations de crédits, sans aucune emprise réelle du Conseil municipal, ni sur le choix des projets à réaliser, ni sur le montant des ressources à utiliser pour réaliser chacun des projets ». Une pique en direction du ministre délégué auprès du Minatd en charge des collectivités territoriales décentralisées, Jules Doret Ndongo, premier interlocuteur gouvernemental en la matière.

Ludovic AMARA

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