Stand up for Cameroon : La diaspora des Etats-Unis s’en mêle

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Samedi dernier, une vingtaine d’activistes ont manifesté devant l’ambassade du Cameroun aux États-Unis et devant la Maison-blanche.

L’onde d’indignation suscitée par le décès tragique de Monique Koumatekel a traversé les frontières du triangle national. Après ceux d’Afrique du Sud, de France, de Grande-Bretagne; des Camerounais des États-Unis ont manifesté leur indignation samedi 7 mai 2016 à Washington DC, la capitale américaine. Il s’agissait en fait d’une vingtaine d’activistes du Conseil camerounais de transition (Cct) du U.S. Africa Joint développement Initiative (USajdi). Dès 10 heures du matin, conformément au programme communiqué par les manifestants et validé par les autorités sécuritaires américaines, ces activistes, conduits par Patrice Nouma, président du Cct, se sont positionnés devant l’immeuble siège de l’ambassade du Cameroun aux États-Unis. Munis des pancartes dénonçant les insuffisances du système sanitaire camerounais et le régime du renouveau de manière générale. « Les hôpitaux camerounais sont des mouroirs », « Stop aux entraves sauvages contre les libertés publiques », « président Barak Obama, cessez de fréquenter les ennemis des peuples », etc.

Les activistes se sont ensuite rendus devant la Maison blanche pour déployer leurs messages, suscitant parfois la curiosité des passants. Si l’ombre de feue Monique Koumatekel a plané sur la manifestation, il s’agissait aussi pour le Cct et l’USajdi d’envoyer un message de soutien au mouvement « stand up for Cameroon ». « Nous avons décidé de nous habiller en noir pour suivre le mouvement lancé par les partis politiques réunis autour de la coalition Stand Up for Cameroon. Nous sommes solidaires des revendications sociales de ce mouvement. Notre pays dispose du potentiel. C’est regrettable de manquer d’eau, d’électricité, des services sociaux de base. Nous sommes fatigués des scandales dans les hôpitaux pendant que les hauts commis de l’État se soignent à l’étranger» a indiqué Chantal Teta, l’une des activistes.

Patrice Nouma

Patrice Nouma

Impliquer le gouvernement américain

À en croire Patrice Nouma, président du Cct, la manifestation du 30 avril n’est qu’une étape. « Nous savons que le régime Biya est plus sensible à ce qui se dit à l’extérieur qu’a l’intérieur du Cameroun. C’est pourquoi nous avons déjà sollicité des audiences au département d’Etat américain pour exposer la situation qui prévaut dans notre pays » a-t-il expliqué. Le Cct espère, comme par le passé, recevoir l’attention du département d’État américain. En effet, le Cct a joué un rôle déterminant pour attirer l’attention des autorités camerounaises et américaines sur l’abandon des locaux de l’ambassade du Cameroun à Washington DC ainsi que des cas de corruption et détournement de fonds publics à l’ambassade camerounaise. Grâce à ses nombreuses vidéos diffusés sur les réseaux sociaux et à des documents transmis aux autorités des deux pays, le Cct a révélé de graves malversations au sein des représentations diplomatiques camerounaises. Des dénonciations qui n’ont pas été sans conséquence. Le percepteur et l’ambassadeur ont été limogés. Une petite victoire pour Patrice Nouma. « Nous sommes d’autant plus rassurés que nous avons l’impression que pour une fois, nous avons été écoutés par les autorités de notre pays. Nous voulons continuer dans la même lancée et aboutir à un changement systémique car, mis dans les mêmes conditions, les nouveaux responsables de l’ambassade n’obtiendront pas de meilleurs résultats » a ajouté Patrice Nouma.

Au-delà de la protestation du week-end dernier, la diaspora camerounaise des Etats-Unis et ailleurs suit de prêt les évolutions de la question de la double nationalité qui figure parmi ses revendications majeures. Fin 2015, l’un des éminents membres de cette diaspora, le célèbre bassiste, Richard Bona, a refusé de se rendre au Cameroun pour recevoir la médaille d’officier de l’Ordre et de la valeur. Ceci, pour protester contre les blocages administratifs lies au visa camerounais que lui imposent les services de l’immigration pour se rendre à chaque fois dans son pays.

Daniel Nding

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