Sylvain Mekinda : « La responsabilité sociale des entreprises est embryonnaire au Cameroun »

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Spécialiste en Ressources humaines et expert en Responsabilité sociale des entreprises, il analyse les contours de cette notion encore mal connue au Cameroun.

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Le Cameroun a célébré dimanche dernier la 130ème fête du travail sous le thème : « Responsabilité sociale des entreprises et des syndicats pour un travail décent ».  Que vous inspire ce thème ?

Permettez-moi tout d’abord de féliciter également le gouvernement a travers la personne du Ministre en charge du travail et de la sécurité sociale pour la qualité du thème. La perception que nous pouvons avoir de ce thème se situe sur un double plan; il s’agit tout d’abord d’un signal fort du Ministère du travail pour promouvoir la compétitivité et par la suite, un clin d’œil aux travailleurs dans la vision d’améliorer leur conditions de travail. Loin de là c’est as sous ce thème qui vient d’être franchi pour la promotion du travail décent et l’humanisation du travail. La difficulté viendrait de l’application de nos textes en matière du travail. Il est donc nécessaire de mettre sur pied une sensibilisation de masse et des mesures de sanctions fortes à l’endroit des employeurs indélicats.

Plus de 80% des entreprises camerounaises évoluent dans le secteur informel. Et qui dit secteur informel, dit absence de régulation, de chiffres et de normes viables tant pour les entrepreneurs que pour les travailleurs. Peut-on parler de travail décent dans notre pays ?

Le travail décent fait ressortir un certain nombre d’indicateurs notamment l’emploi, le dialogue sociale, les droits du travailleur et la sécurité sociale. C’est d’ailleurs l’occasion pour nous d’interpeller la Caisse nationale de prévoyance sociale et son directeur général qui malgré l’adversité a un système de management à saluer, pour leur implication d’avantage sur le chantier de la Rse. Au regard des chiffres que vous évoquez et la réalité sur le terrain, il y a encore du chemin tant pour le secteur formel qu’informel.

Parler de travail décent suppose pour le moins la prise en charge de la sécurité sociale du travailleur à travers les allocations familiales, les pensions vieillesses, les capitales décès, les assurances travail, l’immatriculation du travailleur à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) entre autres. Ces exigences s’appliquent-elles à toutes nos entreprises ?

La sécurité sociale dans notre pays est du domaine de la loi  et s’applique a toutes les entreprises peu importe leur taille tout comme la Rse. Une fois encore la Cnps a un rôle majeur dans l’implémentation de la norme ISO 26000.

A quoi renvoie la responsabilité sociale dans l’univers du travail au Cameroun ?

A contrario de l’occident, elle est embryonnaire au Cameroun. Certes certaines entreprises ont des programmes Rse, mais le plus souvent il y a une confusion entre Rse et philanthropie. La Rse est structurée et demande une expertise. Il y a encore fort à faire.

Dans un contexte camerounais où la demande, la qualité et la quantité de l’emploi ont de fortes répercussions sociales et sociétales, comment définir la fonction de Directeur des ressources humaines (Drh) ?

Tout d’abord, la fonction de Drh permet une adéquation entre les offres d’emploi de l’entreprise et la ressource qui est humaine. Dans notre environnement il est utile de s’appuyer sur le Drh pour une implémentation rapide des pratiques Rse. Toutefois, il faut le noter, l’implémentation de la Rse en entreprise est une initiative du sommet qui implique le reste des entités de l’entreprise.

Réalisé par Christian TCHAPMI

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