Liberté publique : Maurice Kamto interdit de séjour à Bertoua

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Le sous-préfet de Bertoua 1er s’oppose à l’organisation d’un meeting du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) dans le chef-lieu de la région de l’Est.

Maurice Kamto

Maurice Kamto

Toutes les démarches légales entreprises par Nveh Christopher Ndon et David Ndanga Gobri, respectivement secrétaire national et président régional du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), n’ont pas trouvé un écho favorable auprès du sous-préfet de l’arrondissement de Bertoua 1er. Pour des raisons plus ou moins obscures, Martin Nkomba Epanlo, a refusé de délivrer un récépissé de déclaration de manifestation publique au parti du professeur Maurice Kamto. Pourtant, selon les responsables locaux de ce parti d’opposition légalisé au Cameroun depuis le 02 août 2012, « l’objet de notre déclaration de manifestation porte sur la tenue d’un meeting politique à l’occasion de la visite de notre président national, accompagné de l’ensemble du directoire du parti à l’Est », souligne David Ndanga Gobri. Qui précise en plus qu’«au cours de cette manifestation qui devait se tenir à Bertoua, entre 14 heures et 16 heures, Maurice Kamto, venait pour vulgariser le programme politique de notre parti et appeler l’ensemble des Camerounais à aller massivement s’inscrire sur les listes électorales ».

C’était sans compter avec la dictature du système en place. En réponse à la première demande de manifestation introduite dans ses services en date du 08 avril 2016, pour un meeting initialement programmé samedi 23 avril 2016, le sous-préfet d’arrondissement de Bertoua 1er a commencé par demander aux organisateurs du meeting de se conformer aux dispositions de l’article 4 alinéa 2 de la loi n°90/055 du 19 décembre 1990, fixant le régime des réunions et des manifestations publiques en indiquant que « sur votre demande, il doit être mentionné les noms, prénoms et domiciles des organisateurs ; le but de la réunion, en faisant clairement ressortir le programme et les différentes articulations. De même, la place des fêtes de Bertoua, lieu sollicité n’est pas propice à l’organisation d’un meeting politique». Par conséquent, et conformément à la loi suscitée précise cette première correspondance du 13 avril 2016, «les organisateurs devront choisir un autre site tout en évitant la voie publique». Un complément d’information qui a été fait, en choisissant cette fois le stade municipal comme nouveau lieu devant abriter ce meeting, affirme le président régional du Mrc. Plus tard, le 20 avril 2016, le sous-préfet de Bertoua 1er motive son rejet de délivrance d’un récépissé de manifestation publique au Mrc pour deux raisons.

Dans sa correspondance n°24/L/B15-05/ASP/BAAJP du 19 avril 2016, dont Le Messager a obtenu copie, Martin Nkomba Epanlo, indique que «le stade municipal de Bertoua n’est pas disponible, compte tenu du déroulement des épreuves physiques et sportives des examens officiels  tout au long des mois d’avril et mai 2016». Bien plus, poursuit-il, «au regard de la situation sécuritaire précaire prévalent dans la ville de Bertoua en particulier et de la région de l’Est en général, tout rassemblement d’une certaine envergure n’est pas susceptible d’être autorisé.» Compte tenu de l’occupation dudit stade par les élèves tel qu’évoqué plus haut, «la hiérarchie de notre parti a reporté notre meeting au 30 avril 2016. Avec l’accord de principe de Benjamin Ateba Ambolé, directeur dudit stade, nous avons convenus de payer la somme 20000 francs Cfa. Il nous a également rassuré que le stade serait libre à cette date». Surpris par un nouveau rejet de leur demande de manifestation publique du 30 avril prochain, le parti de Maurice Kamto, indiquent nos sources, a saisi le tribunal administratif de l’Est, pour mettre fin à ces manœuvres anti-démocratiques de l’autorité administrative. Pour les responsables de ce parti, « il est temps que les autorités administratives qui ont un devoir de neutralité et d’impartialité soient rappelées à ces valeurs qui fondent la République afin que les libertés publiques et politiques soient enfin une réalité dans ce pays qui nous est tous cher».

Source : Bertoua.info par Ange-Gabriel Olinga  

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