Football professionnel : Yang, Semengue, la Fécafoot et les 410 millions Fcfa de la discorde

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Suite à la réunion qui s’est tenue à la Primature la semaine dernière entre le Premier ministre et le président de la Ligue de football professionnel du Cameroun, l’Etat a sommé la Fédération camerounaise de football de verser 410 millions de Fcfa représentant sa quote-part à la Ligue. Une décision qui semble ne pas rencontrer l’assentiment du nouvel exécutif.

Général Pierre Semengue

Général Pierre Semengue

C’était annoncé comme une réunion au sommet. Les grandes décisions qui en découlent le témoignent d’ailleurs. Le tête à tête entre le Premier ministre et le président de la Ligue de football professionnel du Cameroun (Lfpc), dans l’attente de la deuxième partie des subventions promises par l’Etat pour le paiement des salaires des joueurs dans les clubs de Ligue 1 et 2 pratiquement au bord de l’asphyxie, a accouché de plusieurs résolutions. Pendant plus de trois heures d’horloge, les discussions ont notamment porté sur l’éternel problème du financement des clubs par les entreprises publiques et parapubliques. Le président de la Lfpc, le Général Semengue a obtenu de l’Etat du Cameroun, une espèce de «blindage» contre ceux qu’il appelle désormais ses ennemis. Il accuse la nouvelle équipe dirigeante de la Fédération camerounaise de football chapeautée par Tombi A Roko  de vouloir le destituer.

Et pour dévoiler son penchant pour le camp de la Lfpc, Philemon Yang a ordonné dans la foulée à la Fécafoot de payer 410 millions de Fcfa représentant la somme que devrait verser l’instance faîtière à la Ligue pour le fonctionnement des deux championnats d’élite. Attendu depuis décembre, la contribution de la maison mère du football camerounais n’est toujours pas tombée. Si la Ligue a pu gérer le tiers de la saison, c’est avec des subventions du Premier ministère, 350 millions Fcfa, et du ministère des Sports, 270 millions Fcfa. La dernière tranche de 290 millions Fcfa du ministère de tutelle sera versée sous peu. Des 410 millions que lui doit la fédération, elle n’a encore touché le moindre sou. Pour justifier cet état de choses, la fédération, par la bouche de son président, a indiqué que plusieurs de ses comptes étaient toujours bloqués dans des banques locales qui agissent à titre conservatoire après les décisions de justice contre plusieurs positions de l’actuel bureau de la Fécafoot.

Le Minsep en arbitre

Yang et Semengue ont également débattu des besoins additifs de la Lfpc en vue d’une fin sereine de la saison en cours. Malgré les tensions de trésorerie dues en grande partie par la contribution du Cameroun pour l’effort de guerre contre la nébuleuse Boko Haram, assurance est quand même faite par le premier ministre de ce que le gouvernement soutiendra le général dans sa volonté d’offrir aux Camerounais, l’image d’une Ligue plus crédible et plus professionnelle dans sa gestion. D’ailleurs, apprend-t-on, un rapport a été dressé au président de la République Paul Biya dont on connaît la grande complicité entre lui et son valeureux soldat.

Philémon Yang

Philémon Yang

Au sujet des mesures à prendre pour assurer le financement pérenne et autonome de la Ligue, le Pm a prescrit au ministre des Sports et de l’éducation physique d’organiser des travaux de réflexion sur cet épineux problème avec autour d’une même table que la Fécafoot, les clubs et éventuellement quelques experts.

De quoi rassurer et réconforter le patron de la Lfpc qui veut profiter des réformes de la loi des Finances 2013, pour attirer les entreprises dans notre championnat. Toutefois, on est loin d’être sorti de l’auberge puisqu’à toutes ces batteries de mesures il faut ajouter la bonne gouvernance et la transparence dans le fonctionnement ; toutes choses pouvant inciter les entreprises à accompagner nos clubs dans leurs activités. Ce modèle de financement qui privilégie « l’Etat Providence» n’est pas visiblement adapté pour une préparation idéale des clubs au professionnalisme. La responsabilité de l’Etat ne devrait-elle pas davantage être orientée vers un accompagnement institutionnel et infrastructurel ? Aussi-faut-il penser à l’encadrement médical des acteurs du jeu, l’amélioration du traitement des joueurs et encadreurs. Des chantiers qui préoccupent la Lfpc et dont elle doit s’atteler à y trouver des solutions puisque cinq ans après sa naissance, on en est encore qu’au stade des perspectives. Il faut songer à passer à l’action.

Christian TCHAPMI

 

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