C2d dans le Sud : Le suivi indépendant préoccupe les parties prenantes

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L’atelier international du projet de renforcement de la mobilisation des sociétés civiles pour le suivi des C2d s’est tenu du 11 au 15 avril dernier à l’hôtel Florence à Ebolowa.

Pour Jean Marc Bikoko coordonnateur de la plateforme d’information et d’action sur la dette (Pfiad) au Cameroun,  l’atelier d’Ebolowa vient consacrer la reconnaissance de la société civile Camerounaise en matière du contrôle citoyen de l’action publique. Depuis neuf ans, la société civile s’est invitée dans la mise en œuvre du contrat de désendettement et développement (C2d) pour veiller à ce que les fonds issus de ce contrat puissent réaliser effectivement les projets pour lesquels ils ont été mobilisés. Le but visé étant l’amélioration des conditions de vie des populations. Ce suivi indépendant initié par la société civile Camerounaise est en train d’être démultiplié dans les sociétés civiles d’autres pays qui viennent d’accéder au C2d. D’où cet atelier international tenu du 11 au 15 avril dernier à Ebolowa pour témoigner de la reconnaissance de l’ingénierie Camerounaise en matière du suivi indépendant. C’est une reconnaissance des états Camerounais et Français de l’utilité du suivi indépendant dans la mise en œuvre du C2d.

Une vue de la ville d'Ebolowa.

Une vue de la ville d’Ebolowa.

Il est donc question d’étendre ce suivi indépendant sur les projets d’investissement public. Au Cameroun selon le coordonnateur de Pfiad, l’Etat du Cameroun n’a pas encore adopté le principe du dialogue, c’est-à-dire que la société civile n’est pas encore considérée comme partenaire. Ce qui sous entend qu’une décision prise sans nous est contre nous. Avec le 3ème C2d en préparation, la société civile souhaite être davantage partie prenante. Pour Hervé Conan directeur de l’Agence Française de développement (Afd), l’allègement de la dette permet la réalisation d’un certain nombre de projets liés à la réduction de la pauvreté. Pour lui, l’Afd  apporte une ressource supplémentaire de développement pour les pays qui y sont admis, et ces ressources y sont versées dans un compte à la banque centrale. Ce d’autant plus qu’il faut que les pays bénéficiaires aient de bonnes pratiques de gestion en vue de mener à bien la mise en œuvre des projets sociaux sur le terrain.

Amélioration de la gouvernance démocratique

Il a été reconnu des participants que les dettes contractées par certains Etats, n’ont pas toujours servi à ce pourquoi elles ont été contractées. Maintenant, on continue à accorder des prêts pour augmenter le poids de l’endettement de ces pays, en vue de les maintenir dans un éternel processus de désendettement. Une forme de servilité dont les  mêmes causes produiront toujours les mêmes effets de l’endettement. Il dit savoir qu’il n’y a pas de lien entre une dette annulée et la mauvaise utilisation de cette dette. D’où la nécessité selon  Serge Graziani représentant de Christine Robichon ambassadrice  de France au Cameroun d’un renforcement de  la mobilisation des sociétés civiles en vue du bon suivi indépendant de la mise en œuvre des projets du C2d.  Il faut noter que ce projet est cofinancé  par la plateforme Française dette et développement et l’Afd. Démarré en septembre 2015, il s’achèvera en septembre 2018. Il vise à contribuer à l’amélioration de la gouvernance démocratique par la participation de la société civile au suivi des C2d dans ces cinq pays africains signataires d’un C2d, par le renforcement des capacités techniques et citoyennes de suivi et d’analyse.

 Selon Thierry Kin-Nou Nana secrétaire général représentant le gouverneur de la région du Sud, les fonds issus du C2d doivent contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations. Il s’agit d’un enjeu des politiques de développement étroitement lié à la question des droits démocratiques et au renforcement du lien de redevabilité entre l’état et les citoyens. Les C2d pensés comme outils de développement majeurs, doivent davantage intégrer cette dimension. Il est à noter que ce projet est lancé en réponse aux dysfonctionnements constatés dans les C2d de ces pays, quant à l’implication effective de la société civile.

(Source : Le Messager avec Jacques Pierre SEH)

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