Autoroute Yaounde-Douala : L’entreprise et la mission de contrôle à couteaux tirés

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Le maître d’œuvre chinois accuse « l’inefficacité », du groupement Set Tunisie/Louis Berger. Ce dernier pointe la faible qualité des travaux de l’entreprise. Le ministère des Travaux publics en arbitre.

La route toujours en chantier.

La route toujours en chantier.

Jeu de ping-pong hier à la base vie de la China first highway engeneering compagny (Cfhec), maître d’œuvre du chantier de construction de l’autoroute Yaoundé-Douala. Dans la salle de réunion de ce centre situé à Nkolkoumou, non loin du quartier Nkolbisson, banlieue nord-est de la capitale, les officiels du ministère des Travaux publics emmenés par le chef de ce département ministériel écoutent les récriminations que se renvoient chacune la maîtrise d’ouvrage et mission de contrôle. Le tout, sur fond de retard dans l’exécution des travaux. La direction de Cfhec pointe l’ « inefficacité de la  mission de contrôle ». Le directeur du chantier note, en mille, « le retard dans la réactivité pour ce qui est des ‘ purges et des remblais’, notamment ; « le manque de synchronisation entre la mission de contrôle et le Labogénie », qui allonge les études d’exécutions. « Le cycle des dossiers est long, et freine les travaux », gémit le directeur chinois du chantier. « Nous devons faire des études ensemble, les soumettre ensemble, et ensemble attendre la validation des autorités », plaide l’entreprise.

De son coté, le groupement Set Tunisie et Louis Berger qui constitue la mission contrôle n’épargne pas non plus l’entreprise chinoisE. « Nous ne sommes pas ici pour retarder les travaux, mais nous voulons la qualité », a d’entrée de jeu déclaré Oueslati Sadock, chef intérimaire chez Set Tunisie. Il relève « la défaillance du système qualité de l’entreprise ». A l’en croire, Cfhec, entend faire des travaux au rabais, et « n’assimile pas le système de qualité ». «  Notre travail [la mission de contrôle]est de nous assurer que les travaux réalisés sont de qualité. L’entreprise veut alléger les procédures et nous accuse de retarder l’avancement des travaux ». Il rappelle par ailleurs que pour le seul mois d’avril, le maitre d’œuvre a déposé 106 demandes de réception de terrassement, dont 36 ont été rejetées. « 30% de rejet c’est beaucoup », ajoute Oueslati Sadock qui précise que la mission de contrôle refuse des réceptions qui ne respectent pas les normes en matière de qualité.

Réunions

Autre point d’achoppement entre les deux parties : les horaires. Selon l’entreprise chinoise, la mission de contrôle ne débute pas son travail avant 10h, et le ne la finit pas à plus de 16h. Hurlements du groupement Set Tunisie/Louis Berger qui soutien que ses équipes sont à pied d’œuvre au plus tard à 8h 30. Ces derniers renvoient à Cfhec ses dépôts tardifs de demandes de réception, au mépris des  normes qui exigent que cela soit fait 48 heures avant la descente. Cependant la mission de contrôle reconnait être en sous effectif, ce qui ne lui permet pas un déploiement efficient.

Au milieu de ces accusations réciproques, le maître d’ouvrage tente de ramener les parties à l’essentiel : « Nous voulons atteindre un résultat économique, et ce résultat, c’est la construction de l’autoroute et de ses aménagements », a tempéré Emmanuel Nganou Djoumessi, le ministre des Travaux publics. En sus des recommandations techniques faites par le Secrétaire d’Etat en charge des routes, Louis Max Ayina Ohandja, sur la qualité des matériaux à utiliser sur les terrassements notamment, le ministre a instruit  que des réunions de coordination et de synchronisation soient tenues toutes les deux semaines entre les parties prenantes au projet. La phase I du projet de construction de l’autoroute Yaounde-Douala concerne les 100 premiers kilomètres. Commencés avec retard  fin 2014, les travaux prévus pour durer 60 mois connaissent déjà un important glissement de calendrier.

Correspondance de Ludovic AMARA

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