Numérisation des communes : La volte-face des maires du Sud

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Ils estiment que les technologies de l’information et de la communication passent après les problèmes d’électricité, d’eau entre autres.

L’exposé du coordonnateur de la plateforme numérique des communes du Cameroun (Pncc) sur l’importance de l’accès des municipalités aux technologies de l’information et de la communication via la fibre optique, a permis aux élus locaux d’avoir les idées nettes sur  les contours de ce projet. L’atelier régional de mise en œuvre de la plateforme numérique des communes du Cameroun s’est tenu le 11 avril dernier à Ebolowa. Pour Dieubénit Thomas Mbienda, autant les projets d’accès à l’eau, à l’électricité et aux routes sont une préoccupation importante pour les maires. Il y va de même pour l’accès à l’autoroute de l’information et de la communication. Avec l’atelier d’Ebolowa, il est question de les sensibiliser en vue de la mise en œuvre d’une plateforme numérique dans leurs mairies.

Les routes se portent mal.

Les routes se portent mal.

C’est un dispositif permettant d’avoir accès à la toile, et de pouvoir bénéficier de toutes les applications qui peuvent en découler. Propos différemment appréciés par les élus locaux.

Pour Jean Emile Mbouh l’élu de la commune de Bipindi, sa localité n’a pas accès au courant électrique, de même l’ordinateur est encore un mirage pour ses populations. Comment il sera possible de rentabiliser cet accès aux Tic dans ce type de localité en plus, ce qui n’est pas gratuit pour la municipalité qui devra contribuer à environ 32 millions de Fcfa. Pour lui, ce projet est bien adapté pour l’instant à un type de municipalité qui a déjà accès à ces besoins basiques. Pour Théodore Ambassa maire de Mvengue, les effets de la décentralisation doivent être perceptibles partout. Le ministère des postes et télécommunications qui doit transférer également ses compétences via les structures sous sa tutelle comme Camtel.  Les campagnes ont aussi besoin du téléphone, pourquoi pas internet qui pourront permettre de freiner l’exode des jeunes.

Elise Mballa Meka, maire de la commune d’Akom II est scandalisée. A la croire,  cette localité est sevrée des services de Camtel, (le fournisseur de la fibre optique) depuis 6 mois environ à cause d’une panne d’un groupe électrogène. « Que cette structure commence déjà par assurer ce qui est de sa responsabilité pour ensuite faire des propositions sur l’accès à la fibre optique. Voilà des municipalités qui n’ont pas accès au courant électrique, sans ordinateurs qui subitement on leur parle d’internet, un véritable paradoxe », explique-t-elle. Ces quelques clichés obtenus pendant les échanges illustrent à suffisance que les élus s’inscrivent en faux contre ce projet de numérisation des communes. Les responsables du Pndp et du Feicom présents n’ont pas voulu se prononcer sur ce projet, eux qui travaillent au quotidien avec les municipalités.

S.D.G.

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