Présidentielle 2018 : Une coalition en quête d’un contre pouvoir

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Pour la Coalition citoyenne pour le Cameroun, Paul Biya ne pourra être renversé que dans les urnes. Affirmation faite lors de la conférence de presse de ce jeudi 21 avril 2016 à Douala.

Elimbi Lobe, Sam Baka, Bruno Deffo Jean Baptiste Sipa (De la gauche à la droite).

Elimbi Lobe, Sam Baka, Bruno Deffo Jean Baptiste Sipa (De la gauche à la droite).

En mars dernier, la Coalition citoyenne pour le Cameroun (Coacic) appelait à un vote sanction contre Paul Biya à la future élection présidentielle prévue en 2018 (sauf modification). Cette plateforme (constituée d’organisations de la société civile, partis politiques, personnalités indépendantes, universitaires) invitait les Camerounais à former une masse critique de 15 millions d’électeurs pour peser de leur poids le moment venu. Cette sortie a fait tiquer plus d’uns. Pas question pour Coacic de se dédire. On l’a bien compris à la conférence de presse de ce jeudi 21 avril 2016 au Qg du Modecna (Mouvement démocratique de conscience nationale) à Douala. «Il nous est revenu que les gens se demandent jusqu’à quand la Coacic va continuer à réfléchir et à bavarder sur les antennes et plateaux de Tv, sans actions concrètes sur le terrain», argue le coordonnateur de la Coacic, Bruno Deffo. Et de poursuivre : «Nous réfléchissons pour que nos actions s’inscrivent dans une stratégie et une programmation qui garantissent leur efficacité.» La Coacic souhaite des médias une sensibilisation du public sur la valeur que représente leur bulletin.

Jean Baptiste Sipa

Jean Baptiste Sipa

Pour renverser le président actuel, l’équation des 15 millions d’électeurs n’est pas chimérique. «Nous voulons créer une masse électorale critique pour le changement en 2018.  En 2011 lors de la dernière présidentielle, le monsieur qui nous dirige a obtenu la voix de 12% de Camerounais. Elecam (Election’s Cameroon, ndlr) nous dit qu’il avait inscrit 7 millions d’électeurs et 4 millions sont allés aux urnes. 3millions ont voté. En gros, 17% ont voté, 5% des voix ont été prise par une pléthore de candidats de l’opposition, et 12% par Paul Biya. Donc, démocratiquement, nous sommes dirigés par un président illégitime», raisonne Jean Baptiste Sipa, conseiller du coordonnateur.  La lutte du Coacic est d’amener les non votants à user de leur pouvoir de vote. «Le Cameroun devra avoir 18 millions d’électeurs en 2018. Il faut donc que 15 millions constituent une masse critique si nous voulons qu’il y ait une alternance en 2018», soutient Jean Baptiste Sipa. Comme Elimbi Lobe du Social democratic front, le vice-président national de l’Union démocratique du Cameroun pense que les combats de la Coacic ne sont pas différents de ceux des partis de l’opposition, encore moins des Camerounais. «Nous sommes tous touchés par les mêmes problèmes. Dans un pays qui a plus de 20millions d’habitants, ce n’est pas normal que 4 millions seulement soient inscrits sur les listes électorales. Ce n’est pas normal que les jeunes de 18 à 20 ans ne puissent pas voter», gronde Sam Baka.

V.T.

 

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