Ordres nationaux : Ce qu’il faut savoir

0

Serge Aimé BikoiLe Conseil se réunit, depuis ce 13 avril et ce jusqu’au 15 avril 2016, à l’effet d’examiner les propositions de nomination ou de promotion dans les ordres nationaux. Alors que cette session se tient dans le cadre des préparatifs de la 44ème édition de la fête nationale de l’unité, il est loisible de maîtriser le sens des ordres nationaux, d’en dégager la typologie et la procédure d’éligibilité.

L’Ordre national de la valeur est destiné à récompenser, par une décoration officielle, les services éminents rendus à l’Etat du Cameroun. Etre nommé ou promu pour être admis dans l’ordre de la valeur, il faut avoir exercé, avec distinction pendant 20 ans, des fonctions publiques ou coutumières ou pouvoir justifier d’une pratique professionnelle particulièrement distinguée pendant 25 ans au service des Arts, des Lettres, de l’Agriculture, du Commerce ou de l’Industrie. Les critères d’éligibilité sont, en effet, définis par les conditions d’ancienneté dans le service public ou privé. La moralité du récipiendaire, son niveau de contribution à l’effort national de développement, le respect des engagements fiscaux pour les opérateurs économiques en font partie intégrante. Si l’on prend, par exemple, le cas de l’ordre national de la valeur sauf promotion à titre exceptionnel pour des actions véritablement dignes d’intérêt et appréciées par les autorités publiques, l’on ne devrait accéder au grade de Chevalier que si l’on réunit 5 ans de service tandis qu’un minimum de 12 ans est nécessaire pour le premier grade du mérite camerounais. La procédure de proposition aux ordres nationaux est, d’après la réglementation, confidentielle. En clair, le candidat proposé est supposé ignorer la confection d’un dossier le concernant par sa hiérarchie. Cette procédure est gratuite de bout en bout. Les personnalités investies du pouvoir de proposition sont les membres du gouvernement, les chefs de circonscriptions administratives (gouverneur, préfet et sous-préfet) et les chefs de mission diplomatique du Cameroun à l’étranger.

Selon la réglementation en vigueur, l’on distingue, par ordre de préséance décroissant, l’ordre national de la valeur avec ses divers grades que sont le grand cordon destiné au seul Président de la République au moment de sa prestation de serment, le grand officier, le commandeur, l’officier et le chevalier. Le deuxième palier concerne l’ordre national du mérite camerounais avec ses grades que sont le grand cordon, le commandeur, l’officier et le chevalier. La troisième échelle intègre l’ordre du mérite agricole avec ses grades alors que la quatrième traite de l’ordre du mérite sportif assorti aussi de ses grades.
Précision à savoir la chancellerie gère aussi les médailles qui sont assimilables aux ordres nationaux. Il s’agit de la médaille de la vaillance et celle de la fonction publique. Avoir une médaille de la chancellerie des ordres nationaux ne confère ni de gratification financière, ni d’immunité devant la justice. En revanche, le titulaire d’un ordre national devrait faire preuve de respectabilité en toute circonstance. In fine, certaines catégories d’ordres nationaux donnent lieu à des honneurs posthumes à leurs titulaires, à l’instar de l’officier de l’ordre de la valeur. Relativement à ces cas, il est recommandé aux familles de se rapprocher des autorités compétentes pour éviter des réclamations non fondées et des honneurs indus. Les médailles d’honneur du travail gérées par le ministre du Travail et de la Sécurité sociale (Mintss) ne sont pas concernées par cette réunion du Conseil des ordres nationaux.

Par Serge Aimé Bikoi, Sociologue et journaliste indépendant.

Share.

About Author

Leave A Reply