Transports : Des camions camerounais immobilisés en territoire tchadien

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Trois engins transportant des tonnes de marchandises ont été saisis et injustement immobilisés par un membre de la famille présidentielle du Tchad pour des motifs que le Syndicat national des chauffeurs professionnels des Transports du Cameroun (Syncprotcam) trouvent infondées et farfelus.

Des camions camerounais.

Des camions camerounais.

Une dizaine de correspondances dûment adressées à des ministres de la République, aux Directeurs généraux de certaines sociétés publiques et autres organismes et institutions compétentes pour leur soumettre un problème « d’une extrême gravité ». Mais restées jusqu’ici sans réponse. L’objet des courriers dont le président du Syncprotcam Ibrahima Yaya a les décharges, est suffisamment interpellateur : « Immobilisation arbitraire et abusive des camions camerounais en territoire tchadien », peut-on lire sur une copie de la lettre envoyée au ministre des Relations extérieures du Cameroun en date du 14 mars 2016. Sur trois pages, le leader de ce mouvement syndical à grand renfort de détails et de précisions, retrace la genèse de cette affaire qui risque de provoquer des remous au sein de la famille des transporteurs au Cameroun.
Tout est parti, apprends-t-on, de la confiscation en novembre 2014 d’un premier camion immatriculé Adtr 0465 et appartenant à un certain Idrissou Idrissou Sehou. Saisi de façon arbitraire, l’engin immobilisé pendant plus d’un an par un individu qu’on présente comme un membre de la famille du président de la République du Tchad au motif qu’il a été victime d’un accident en territoire camerounais et sa cargaison (un conteneur) était tombée sans pour autant que la marchandise ait subi des avaries. Le transporteur en question résidant à Ngaoundéré, a tout de même remis le camion sur pied, non sans veiller à ce que la marchandise transportée arrive à bon port (Ndjamena). Arrivé à destination, renseigne le courrier, le propriétaire qui déclare sans ambages que sa marchandise d’une valeur de 17 millions de Fcfa ne s’est pas fait prier pour conduire le camion à la brigade de gendarmerie de Nguéli où il est resté immobilisé pendant plus d’un an.
Représailles
Après plusieurs tractations menées conjointement par le Syncprotcam et le Bureau de gestion du Fret terrestre (Bgft), ledit propriétaire a finalement exigé le versement dans l’immédiat de 2 millions de Fcfa avant qu’il ne fasse libérer le camion. Le reste du montant devant être versé en mensualités de 250 000 Fcfa. Chose faite puisque le coordonnateur général du Bgft va expédier cette somme et le camion sera libéré. Seulement, une fois à Ngaoundéré, ce camion, faute de révision, va rester cloué au sol. Intrigué donc de ce que le transporteur n’a pas honoré l’échéancier des versements mensuels, le propriétaire de la marchandise va lui-même effectué le déplacement de Ndjamena pour Ngaoundéré, accompagné d’une délégation aux fins de constater que l’engin est effectivement garé. Grande sera la surprise des transporteurs un an plus tard que la Brigade de Moundou se permette de saisir tous les camions de passage dans cette localité, en représailles au non-respect par Idrissou Idrissou Sekou de l’accord passé avec son partenaire tchadien. Bilan, 3 camions dans la nasse : (immatriculations : 1-Adtr 914 AA/Adsr 948 ; 2-Adtr 296 Adtr 296 AA/Adsr 187 ; 3-Cetr 832A/Adrs 720 Ab). Affaire à suivre !

Christian Tchapmi

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